Cameroun : La Diaspora camerounaise et l’obsession de la double nationalité

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Le sujet était à l’ordre du jour au Grand dialogue national tenu toute la semaine dernière à Yaoundé, capitale du Cameroun, au moment où la diaspora camerounaise apparaît comme celle qui renvoie le plus de devises au pays, en Afrique. Lire cette enquête de La Nouvelle de Jacques Blaise Mvié.

Tout au long des 5 jours de travaux du grand dialogue national qui s’est tenu sur les hauteurs du mont Nkol-Nyada, la diaspora présente à Yaoundé n’a cessé de faire l’objet d’une attention particulière. Et pour cause ? Une certaine diaspora aura joué un rôle particulièrement trouble dans la crise que vivent les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. C’est de cette diaspora-là que proviennent les fonds nécessaires à l’effort de guerre. C’est de cette diaspora-là que viennent les mots d’ordre de villes mortes et autres respectées à la lettre par les populations. Cette commission avait donc un rôle déterminant dans la réussite du Grand dialogue national surtout qu’elle devait entre autres décrire les moyens utilisés par une certaine diaspora pour exacerber la crise.

Pour conduire donc cette commission rien de moins qu’un féru du droit  international au profil bien racé en la personne du Pr. Jean Louis Atangana Amougou. Né le 9 décembre 1965 à Yaoundé, Jean Louis Atangana Amougou, ancien directeur du Centre d’études et de recherches en droit international et communautaire (Cedic) de l’université de Yaoundé II, a été directeur général adjoint de l’Institut des relations internationales (Iric) de 2007 à 2012 avant d’atterrir à l’Université de Ngaoundéré jusqu’en 2015. Enseignant dans de nombreuses universités à l’étranger, il a récemment servi comme directeur du cabinet de l’ancienne secrétaire générale de l’Organisation de la Francophonie, Michaëlle Jean.

C’est tout dire. C’était du bon. Surtout qu’il faut y ajouter des membres du calibre de la romancière à la notoriété établie, Calixte Beyala ou encore Eric Chinje qu’on ne présente plus par ses positions iconoclastes depuis qu’il a quitté la Crtv et le Cameroun.

Au bout des débats constructifs, la commission a proposé de « reformer le Code de la nationalité pour l’adoption de la double nationalité ou des nationalités multiples ; d’adopter le principe de la représentation de la diaspora aux niveaux parlementaire et gouvernemental avec à la clé la création de tout un ministère dédié à la diaspora ; de créer un Haut Conseil de la diaspora dans les pays d’accueil avec des dirigeants élus, la qualité de membre étant conditionnée par la possession d’une carte consulaire ; de désigner une équipe chargée de prendre langue avec les radicalisés de notre diaspora et de créer une agence transnational d’investissement et de développement pour la diaspora. »

C’est tout heureux que les membres de cette commission ont rendu leur copie en pliant les doigts que ces résolutions rentrent le plus rapidement en vigueur. D’ailleurs pour marquer leur présence au Grand dialogue national, les membres de la diaspora présents à Yaoundé ont cotisé 2,7 millions de FCFA en main levée pour le compte du plan humanitaire d’urgence ouvert pour les populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. C’est plutôt bon signe. Même si certains ont cru qu’ils pouvaient faire mieux.

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