Cameroun: La dernière actualité sur l’usine des tracteurs d’Ebolowa

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Déjà 1.000 engins distribués à 260 agriculteurs en 2019 et une nouvelle sollicitude des pouvoirs publics pour poursuivre l’aventure.

Annoncées lors du Comice agropastoral de 2011, comme l’un des catalyseurs de la mécanisation agricole, les machines issues de cette structure ont considérablement augmenté les surfaces cultivables et la production des denrées comme le maïs et le manioc.

Les rumeurs sur l’abandon des tracteurs dans la broussaille à Ebolowa n’avaient que trop enflée. Mais à ce jour, de visu, la réalité est toute autre. En effet, au cours d’une première descente à l’usine de montage de ces engins, l’on avait pu se rendre compte que sur les 1000 tracteurs reçus dans le cadre du programme d’exécution de la convention riz-maïs et de la convention manioc ; 870 avaient été distribués à 250 agriculteurs en fin 2018 et le reste en 2019, en dehors des institutionnels tels que l’Institut de Recherche Agricole et de Développement (Irad), etc. Autres chiffres. Sur les 1000 tracteurs reçus, 996 ont été montée et 130 sont présents sur le site.

Ainsi, de l’avis du directeur général de la Planification et de l’Aménagement du Territoire au ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) [2018], Janvier Oum Eloma, « ces machines ont permis l’exploitation de plusieurs milliers d’hectares sur l’ensemble du territoire ». Et comme pour convaincre, Janvier Oum Eloma argue « qu’à l’origine, un seul engin peut mettre en exploitation entre 50 et 60 hectares, mais, sur le terrain, ses capacités s’étendent jusqu’à 70 hectares ».

Contrairement à ceux qui estiment que ces tracteurs sont onéreux, Janvier Oum Eloma explique que « les prix sont subventionnés à hauteur de 40 % ». Il renchérit d’ailleurs qu’il « n’est pas question de faire des bénéfices sur la vente des tracteurs, mais le résultat majeur attendu de cette initiative consiste à accroître les surfaces cultivables afin de booster la production des produits tels que le maïs ». De même, « La production du maïs, du riz, du manioc a drastiquement augmenté à travers le pays. Allez à la Semri dans le Noun, vous verez. Mais dans l’optique de décongestionner le complexe d’Ebolowa, nous envisageons la construction des pôles régionaux qui seront équipés en matière de génie- civil.

Il est question de viabiliser les exploitations agricoles et décongestionner les bassins de production», précise-t-il.La deuxième convention va donc permettre d’optimiser davantage la productivité du complexe. Implantée sur environ dix hectares et spécialisé dans le montage des engins agricoles — tracteurs, moissonneuses, batteuses, égraineuses et motos-pompes — l’usine d’assemblage des machines agricoles d’Ebolowa est une promesse du Président Paul Biya faite à l’ouverture du comice agro-pastoral d’Ebolowa, en 2011. Une annonce forte qui vise à réduire la pénibilité du travail des «seigneurs de la terre» afin de développer l’agriculture de seconde génération.

Le satisfecit des agriculteurs

Le profil des bénéficiaires des tracteurs est varié. Il s’agit entre autres, des responsables des Groupe d’Initiative Commune (GIC), des congrégations religieuses, etc. Ainsi, de l’avis du sieur Zang, coordonateur du GIC Nyplakes, situé dans la localité d’Efoulan Nyazo’o, région du Sud, la satisfaction est au rendez-vous. « Ces machines ont augmenté mes surfaces cultivables. Je suis désormais à 250 hectares répartis en quatre blocs de 10 hectares chacun ». De plus ajoute-t-il, en termes de transport des régimes de palmier à huile, l’acquisition des tracteurs à mis fin au travail manuel ou encore à la location des pick up. « Avec l’arrivée des tracteurs, on peut porter en moyenne 400 régimes par jour. Ajouté au fait que la qualité de l’huile obtenue s’est nettement améliorée parce que les régimes ne mettent plus assez de temps en forêt parce qu’ils sont transportés à temps ».

Pour Raphael Abessolo, chargé du suivi des travaux à la Société coopérative des producteurs de manioc de l’arrondissement de Ngoulemakong (Socooproman), région du Sud, le sentiment est le même : « quand on travaillait manuellement, il était difficile pour nous d’aller au-delà de deux hectares. Mais avec l’acquisition des tracteurs, nous sommes à cinq champs qui ont une superficie de 17,5 hectares pour la campagne 2018. Les superficies ont triplé avec l’arrivée des tracteurs », souligne-t-il, joie esquisse.

Fruit de la coopération entre le Cameroun et l’Inde, le complexe agro-industriel d’assemblage des tracteurs d’Akak- Essatolo près d’Ebolowa a produit jusqu’ici un bilan satisfaisant et mérite un renouvellement pour booster davantage notre production agricole et continuer de nourrir la sous-région d’Afrique Centrale.

Par Bertin Metsengue, Correspondance particulière

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