Cameroun : La contrefaçon et la contrebande des vins et spiritueux s’invitent à table

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Selon les chiffres de l’administration douanière, des milliers de bouteilles de whisky, de vins rouges, de champagnes, de palettes de bières ont été saisis, dans le cadre de l’opération Halcomi 3.

Par L’Essentiel

La contrefaçon et de la contrebande sont désormais consignées au menu des ménages camerounais. Au point où l’on n’est plus sûr de ce qu’on mange ou boit au Cameroun. Le phénomène est d’autant plus inquiétant pour ce qui est des vins et spiritueux au point qu’il est devenu un problème de santé publique. Et, il ne se passe plus un jour sans qu’on ne signale des saisies de ces produits contrefaits par la douane camerounaise. Quelques chiffres de la Douane camerounaise  peuvent illustrer l’ampleur de ce phénomène. Seulement pour les six premiers mois de l’année 2020, des milliers de bouteilles de whisky, de vins rouges, de champagnes, de palettes de bières ont été saisis dans le cadre de l’opération Halcomi 3. C’est ainsi le cas de 12.924 bouteilles de whisky au mois de janvier ; 820 bouteilles de whisky et 520 bouteilles de vins rouges en février ; 4.200 bouteilles de whisky et 38 champagnes en mars ; 1.800 bouteilles de whisky et 420 bouteilles de vins rouges en avril ; 72 bouteilles de whisky et 394 cartons de 12 vins rouges chacun en mai et 200 bouteilles de vins rouges, 95 briques de vins rouges et 1.821 palettes de bières en juin.

En rappel, la lutte contre la contrebande et la contrefaçon relève des prérogatives régaliennes de l’administration des Douanes. Cette exigence, précise-t-on, est d’ailleurs prévue par le code des Douanes de la CEMAC en ses articles 52 ,157 et 405 s’agissant de la contrefaçon et 401 à 408, notamment l’article 406 s’agissant de la contrebande. Il s’agit là d’une mission confortée par l’organigramme 2013 portant organisation du ministère des Finances. Cet effort, informe-t-on, à la Direction Générale des Douanes (DGD) est donc porté au niveau stratégique par trois principales structures, à savoir : la Division des Enquêtes Douanières et de la Surveillance ; le Groupement Spécial d’Intervention Douanière et la Division des Études, de la Facilitation et de Gestion des Risques. Au niveau déconcentré, cette mission est assumée par des Brigades, lesquelles sont juxtaposées le long de la ligne frontalière et dans les périmètres intérieurs. Ce dispositif stratégico-opérationnel est renforcé par la mise en place au gré des exigences, des missions spéciales, organisées soit au niveau sectoriel, soit au niveau central : le cas de l’opération HALCOMI.

Par ailleurs plusieurs entreprises, souffle-t-on, renseignent la Douane aux travers des formations post-opérations spéciales, sur les points de contrefaçon concernant leurs produits et sont appelés dans un élan partenarial, à authentifier les produits saisis en cas de doute pour l’Administration. Les dernières formations portant sur cette problématique ont été faites par la SOSUCAM et COLGATE PALMOLIVE CAMEROUN au lancement de la présente phase de l’opération HALCOMI. Une formation similaire a été effectuée à Douala en novembre 2019 par un groupe d’experts de l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD), sur la criminalité pharmaceutique avec la participation du MINSANTE et quelques groupes pharmaceutiques de premier plan tels (LABOREX, PFIZER).

Et, les résultats sont déjà au rendez-vous. Depuis 2019, ce dispositif de surveillance a réalisé plus de 2500 saisis de marchandises donc un peu plus de, 500 véhicules de fraude et contrebande ; 365 bouteilles de whisky et vins liquoreux vides mais estampillées, destinées au conditionnement des alcools frelatés ; 3 camions 18 roues de produits pharmaceutiques, et plusieurs millions de comprimés, capsules et ampoules autrement conditionnés ; 1850 munitions importées en contrebande et de nombreuses autres marchandises touchant à l’environnement, aux produits cosmétiques, brassicoles, alimentaires, etc.

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