Cameroun : La bataille des bastions aura lieu le 9 lors des législatives et Municipales

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Le 9 février 2020, les Camerounais se rendront aux urnes pour choisir leurs conseillers municipaux et leurs députés. Les partis politiques, principaux acteurs de ce rendez-vous ont déjà commencé à se mobiliser pour dessiner une nouvelle carte politique du Cameroun pour les cinq prochaines années, dans un contexte e crise anglophone et de déplacement massif des lecteurs. Entre positionnement existentiel de nouveaux leaders et bruits de bottes internes, les vraies élections ont déjà commencé avec la désignation des candidats ou des fronts de bataille.

CamerPress N°82

Au soir du 9 février 2020, les différents quartiers généraux des partis politiques camerounais, calculette en mains, commenceront le jeu des hypothèses, sur la base de quelques informations qu’ils auront récoltées lors du décompte des bureaux de vote. Une seule certitude : rien ne sera plus comme avant ? Le double scrutin du 9 février aura dessiné une nouvelle carte politique du Cameroun. Entre les anciens, qui auront défendu leur sort, ceux qui auront eu la chance d’être investis pour défendre les couleurs de leur parti et leur destin et les jeunes loups aux dents longues ayant émergé lors de la dernière élection présidentielle.

Comme par temps de pluies, certaines régions affichent un calme avant la tempête au point où l’un des protagonistes a d’abord essayé de fuir la pluie avant de se rendre compte que ses récipients aller s’assécher à jamais. C’est ainsi que le Social democratic front (SDF) a décidé de ne pas prendre part aux prochaines élections locales du fait de l’insécurité qui règne dans son fief naturel que sont les régions anglophones du Cameroun. Le parti de John Fru Ndi a même argumenté que Elecam, institution en charge d’organiser lesdites élections n’était plus présente dans ces deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Quelques jours, mieux, quelques heures plus tard, le Sdf se rétracte. Il se souvient sûrement du rendez-vous manqué avec l’histoire en 1992. Il avait boycotté les législatives à l’issue desquelles le parti au pouvoir n’avait pas pu obtenir la majorité absolue. Aidé par le Mouvement pour la Défense de la République (Mdr) de Dakole Daïssala, le rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) avait pu conserver le pouvoir et redressé la barre au point de se retrouver aujourd’hui avec une « majorité obèse » à l’Assemblée nationale, pour reprendre les mots des partis de l’opposition. Même avec un code électoral très contesté, qui au Sdf refuserait d’aller à la conquête des 20 sièges du Nord-Ouest, des 15 du Sud-Ouest ou des 9 de Douala (Wouri) ?

La bataille de Douala aura lieu. Tout comme du Nord entre où le Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc) de Issa Tchiroma Bakary ne voudrait plus observer la bagarre entre le Rdpc et l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) du ministre d’État Bello Bouba Maïgari, ministre du Tourisme et des loisirs. Cependant, le ministre de la Formation et de l’Emploi justifie la timidité actuelle de son parti. Comme s’il n’était pas prêt à se mettre en lice.

Dans le Centre Cabral Libii voudra-t-il jouer les arbitres dans le Nyong-et-Kellé « local » entre et le Rdpc, ou, voudra-t-il jouer les premiers rôles ? Toujours est-il que le jeune homme politique pourrait faire partie de ces désillusions du scrutin 2020, s’il ne met pas le paquet dans ce « panier à crabes » qu’est le département d’origine du leader historique de l’Union des populations du Cameroun (Upc) Ruben Um Nyobe, le ‘’Mpodol’’. Tout le Nyong et Kellé bat actuellement pavillon Upc.

Régions anglophones

Personne ne peut subodorer de ce qui va se passer dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, paradoxalement partagées entre le Rdpc (Sud-Ouest) et le Sdf (Nord-Ouest). Le débat se porté, non sur les postulants mais, sur le taux de participation car, du fait de la crise qui y règne depuis 2016, les populations, potentiels électeurs, se sont déplacée vers d’autres contrées. Le mano and mando pourrait se renouveler.

Cependant, le calme qu’affichent les bastions du parti au pouvoir peut être de très courte durée. Car, la bataille dans le Sud et l’Est, voire l’Extrême-Nord pourrait se jouer l’intérieur du « parti de la flamme » aussi bien pour les législatives que pour les municipales. Régions où les jeunes voudraient bousculer les aînés vers la sortie. Dans le Centre, notamment dans le département de la Haute-Sanaga dont est originaire la Première dame Chantal Biya, un jeune de Minta, Serge Abanda Nguele rêve d’aller au Palais des Verres. Mais, en face dans sa circonscription politique se trouve le Premier vice-président  de l’Assemblée nationale, Hilarion Etong.

Pour les municipales, le centre d’intérêt des candidatures se trouve à Sangmelima. Le maire du chef-lieu du département du Dja-et-Lobo du chef de l’Etat Paul Biya a des soucis avec la justice. André Noël Essian avait séjourné pendant une nuit à la prison centrale de Yaoundé Kondengui en juillet 2018, interpellé par le Tribunal criminel spécial (Tcs). Certains observateurs de la vie politique camerounaise estime qu’il serait de bon ton qu’il ne soit plus investi par son parti, le Rdpc. Lesquels observateurs estiment que l’opinion ne tient pas toujours compte de la présomption d’innocence.

Dans le Littoral, le Rdpc très attendu pour la reconquête de la commune de Yabassi par exemple. Yaoundé n’étant pas une assurance tout risque pour le parti au pouvoir, la guerre intestine, qui a émergé à Yaoundé VI devrait vite se calmer. Car des jeunes se font de plus en plus entendre et semblent prêts à accéder à la tête des communes, sous les couleurs du parti ou non. D’ailleurs, un jeune annonce depuis quelque temps sa candidature à la mairie de Yaoundé V pour le compte d’un parti autre que le Rdpc. Ce jeune s’appelle Paul Daizy Biya. Des ambitions qui mettent en danger presque tous les mandats.

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