Cameroun – Jean Nlend : ‘’Les ports de Douala et Kribi sont complémentaires’’

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Le directeur des Affaires maritimes et des Voies navigables au ministère camerounais des Transports présente la vision du gouvernement dans le cadre du sous-secteur du transport maritime pour l’année 2020.

A côté du port de Douala qui est en activité depuis plusieurs années, s’ajoute aujourd’hui le port en eau profonde de Kribi. Quelle est la stratégie que le gouvernement a mise en place pour rendre ces deux ports compétitifs tant au niveau national qu’international ?

La stratégie gouvernementale relativement à la coexistence des ports de Douala et de Kribi repose sur une démarche de complémentarité entre les deux ports. L’idée est que les faiblesses de l’un soient éradiquées par l’autre, et que l’exploitation des deux plateformes soit globalement optimisée à travers cette synergie d’actions. Afin de matérialiser cette approche, les deux ports ont, à juste titre, conclu un accord-cadre de partenariat destiné à leur permettre de gérer en bonne intelligence, les

questions d’intérêt commun. Cette complémentarité devra par ailleurs se matérialiser à l’avenir à travers une spécialisation du trafic portuaire. Si le port de Douala est destiné à l’accueil des marchandises en général, le port de Kribi a vocation de se spécialiser davantage dans le trafic des ressources minières. Néanmoins, en dépit de ce contexte de complémentarité, chaque port reste maître de sa dynamique et de sa stratégie propre de développement afin de rester compétitif en conservant, voire en accroissant son trafic face à la rude concurrence des ports de la sousrégion et aux besoins d’un marché du commerce maritime international de plus en plus exigeant en termes de capacités structurelles, de performances opérationnelles et de qualité du service.

Lors du Grand dialogue national, une résolution importante a été prise dans le cadre de la construction d’un port en eau profonde à Limbé. Qu’est-ce que ce port pourra rapporter en termes d’économie et d’épanouissement social dans cette région ?

Le port de Limbé va constituer un véritable pôle de développement avec

la création d’activités, de richesses, d’emplois et partant de réduction du chômage. C’est un outil majeur de relance de la croissance et du développement économique pour la région du Sud-Ouest en particulier et du Cameroun en général. L’impact du port de Limbé sur le plan social se perçoit davantage par la création de plusieurs emplois directs et indirects ; la création des infrastructures de développement (routes, chemin de fer…) ; la construction des écoles, des structures sanitaires et hôtelières supplémentaires ; la création des services publics administratifs et sociaux ; le développement du réseau de télécommunications. En ce qui concerne les retombées économiques, l’on va assister à la création d’une zone industrielle entre Limbé et Douala. Celle-ci va générer des emplois ; la construction d’une cimenterie à Limbé et l’exportation de plus de 60.000 tonnes de produits agricoles. Le Port fluvial de Garoua est géré par la Communauté urbaine de Garoua.

Quelle est sa spécificité et que rapporte-t-il à l’Etat ?

Le port fluvial de Garoua est l’un des quatre ports camerounais suivant le décret N°99/127 du 15 juin 1999 portant création des Organismes Portuaires Autonomes. Il est un port saisonnier qui est navigable trois mois sur l’année, précisément de la période allant de juillet à septembre. Il est actuellement géré par la Communauté Urbaine de Garoua, depuis sa rétrocession en 2003. Ce port est officiellement mis en arrêt vu le caractère saisonnier et incertain de la navigation. Toutefois, des activités résiduelles s’y déroulent par le biais d’embarcations de fortune (pirogues). Cet état de fait, relève la nécessité de repenser le port fluvial de Garoua. Aussi, une étude technique sur la réhabilitation et la modernisation de ce port a été commise par l’Etat et ses conclusions sont attendues dans les prochains jours.

En termes de perspectives, quelle est la vision du ministère des Transports pour le sous-secteur du transport maritime pour l’année 2020 ?

Parlant des perspectives, un accent particulier sera mis sur la performance au sein des services en charge des Affaires maritimes au ministère des Transports pour booster les rendements et accroître la compétitivité dans le sous-secteur portuaire, maritime et fluvial. Ces mesures passeront par le renforcement des capacités et le suivi des dossiers et projets en cours. Il s’agit notamment du suivi du dossier de création d’une société de cabotage entre les ports de Douala et Kribi ; du suivi du dossier de création du Corps des personnels des Affaires maritimes et portuaires dans la fonction publique camerounaise ; de la saisine du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative (MINFOPRA) pour le recrutement sur titre, des étudiants formés dans les instituts de formation maritime ; de l’organisation

Source : Magazine du Mint

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