Cameroun – Infrastructures de la CAN : Des avocats inquiets pour leur gestion après la Coupe d’Afrique des nations

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Le Réseau africain des Avocats d’affaires a organisé une réflexion sur le sujet jeudi dernier à la Fondation Muna à Yaoundé.

Le réseau AA1010, réseau professionnel des Avocats d’affaires inscrits dans les Barreaux africains ayant pour vocation de fédérer et constituer une base de référence et d’excellence des Avocats africains lequel réseau s’inscrit dans l’agenda 2063 de l’Union africaine, pour une Afrique véritablement intégrée a mobilisé la semaine dernière à Yaoundé une brochette de personnalités dont la voix compte : député, enseignant d’université, sportifs de haut niveau et même des avocats ayant des accointances avec le monde du sport.

Question de discuter de « la gestion des infrastructures sportives après la CAN Total Energies 2022 au Cameroun ». Un thème de l’heure, même si le Professeur Atemengue a interrogé d’emblée la légitimité des organisateurs à aborder le sujet. Sans véritablement ouvrir les débats, Me Ngos Daniel Blaise plantera néanmoins le décor en sortant de son chapeau l’allégorie du Colibri révélé dans une fable.  « L’idée est qu’on commence à en discuter. Nous faisons notre part. L’aspect que nous maîtrisons par exemple est que le stade d’Olembe ne soit pas un gouffre à sou, qu’il puisse générer de l’argent », a précisé l’avocat, en guise de boussole de réflexion.

Le débat portera alors sur le type de gestion approprié afin d’assurer la rentabilité de ces infrastructures construites avec des crédits contractés par l’Etat et que le contribuable camerounais devra supporter, voire rembourser. Entre la gestion directe de l’Etat, qui peut créer un établissement publique administratif pour gérer lesdites infrastructures, le contrat d’affermage, la régie intéressée ou la concession, les idées vont s’affronter entre l’universitaire, le politicien et les avocats, plus au contact avec les réalités en matière de marchés publics aussi bien au Cameroun que dans d’autres régions du monde.

C’est d’ailleurs pour cette raison que la concession que personne n’est prêt à accepter – au regard des résultats des concessions pratiquées au Cameroun – est plutôt l’option réaliste, selon Me Mireille Adebone. « Si on avait confié la construction de l’autoroute Yaoundé – Douala à un concessionnaire, cette infrastructure aurait déjà été livrée. Dans les pays en développement, la concession reste l’option la plus adaptée », opine-t-elle.

D’ailleurs, elle sera soutenue par l’un de ses confrères, qui attestera que « le concessionnaire a l’obligation de résultat et il a intérêt à réussir et, à tout moment, l’Etat a le droit de résilier un contrat de concession ». A ce propos, il pense que la concession n’est pas un abandon, même si, au Cameroun, tout porte à croire que l’Etat a abandonné l’intérêt général.

Par ailleurs, « 90°/° des concessions n’ont pas marché, faute de suivi de l’Etat », constate Me Gaëlle Tang pour qui il serait bon que l’Etat « garde la main tout en intégrant les partenaires privés et il faut une ingénierie qui réponde à nos réalités », souhaite-t-elle.

Tout compte fait, quel que soit le choix de gestion des infrastructures construites pour la coupe d’Afrique des nations de football (CAN) TotalEnergies 2021 pour lesquelles l’Etat a investi beaucoup d’argent, leur efficacité restera tributaire de l’attractivité desdites infrastructures. Le député Cabral Libii pense à ce propos que le réseau des avocats doit enrichir leur réflexion pour une pratique sportive, notamment l’attractivité du football. « Il faut que le football devienne un spectacle », souhaite le député, qui ne soutient pas beaucoup l’idée des complexes sportifs qui accueilleraient plus autres activités que le football.

Plus nostalgique, Me Robert Fojou souhaiterait voir les clubs mythiques ressusciter afin de remplir les stades. « Comment allez-vous remplir de stades avec des clubs personnalisés ? » Se lamente Me Robert Fojou.

Pendant que les avocats nourrissent une réflexion, l’Etat lui, semble boucler la question de la gestion des infrastructures sportives après la CAN en choisissant le modèle de gestion, selon un membre du comité d’organisation de la CAN (Cocan), qui a préféré parler sous anonymat. Ce qui ne va pas décourager Me Jacques-Brice Momnougui et ses confrères. Car, ils comptent poursuivre la réflexion.

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