Cameroun : Faustin Dingana affiche les résultats de la RTC du Port de Douala comparativement à DIT de Bolloré

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Le Directeur Délégué de la Régie du Terminal à Conteneurs du port de Douala – Bonabéri a fait la semaine dernière le point des activités de la structure qu’il dirige depuis le 1er janvier 2020 avec un bond qualitatif, qui a permis au terminal à conteneurs de réaliser des chiffres plus importants qu’avant, en dépit d’un contexte sanitaire et économique mondial en berne.

Une certaine opinion parle d’un nouvel engorgement du port. Qu’en est-il exactement ?

Nous avons appris que des activistes, sur les réseaux sociaux, ont fait croire à l’opinion qu’il y avait un certain engorgement. Ils ont parlé de congestion. Celle-ci a ses manifestations. Or, il n’y en a aucune. Les navires entrent et sortent. Aucun camion n’est en attente. Nous servons tous nos clients en temps et en heure. Tous les acteurs de la place portuaire peuvent le certifier. La congestion suppose qu’il y a un phénomène de blocage ; que les navires ne peuvent pas entrer ; que les camions sont bouchonnés, etc. Nous avons mis une stratégie en place qui consiste à ne pas faire de transfert. Cela aurait pu nous rapporter de l’argent. Nous avons fait le choix de permettre à nos chargeurs de réaliser des économies en maintenant sur la plateforme du Terminal tous les conteneurs. Les économies sont de l’ordre d’un milliard de FCFA.

Cela a entraîné – à l’opposé – un taux d’occupation de 72%. Ce qui pourrait apparaître comme un état de congestion. Or, nous sommes plutôt en état d’encombrement. Il faut donc résoudre le problème de l’encombrement dû à notre choix de ne pas transférer de conteneurs et du fait d’avoir dégagé des espaces de réparation du Terminal. Ce qui nous a aussi permis d’augmenter la productivité de nos hommes et de nos équipements. Tout cela a permis l’accélération des livraisons. Donc, c’est une stratégie d’organisation et d’optimisation. Ce qui a pour conséquence la rapidité du service avec des camions, qui ne passent plus, plus de deux heures pour être servis. L’objectif étant de 45 minutes.

Que prévoyez-vous pour qu’il n’y ait plus jamais de congestion ?

Nous avons identifié les causes du déficit de fluidité. Il s’agit d’abord de la disponibilité des équipements ; la capacité de ces équipements à se mouvoir rapidement sur le Terminal, entravé par le mauvais état de ce dernier au moment où on le prenait : les terre-pleins, les voies de circulation, la faiblesse de l’éclairage, etc. Nous avons engagé des travaux d’urgence pour la réparation du parc, qui a facilité la rapidité des mouvements. Pour les pièces de rechanges de nos équipements, nous avons développé des partenariats avec des camerounais, qui sont capables de les fabriquer.

Nous avons un plan d’investissement sur trois ans et sur dix ans, avec un plan de financement. Nous ne faisons pas de la navigation à vue. Pour 2021, nous prévoyons d’acquérir de nouveaux équipements tels deux grues mobiles, des équipements d‘élevage, des charrues élévateurs, des tracteurs, des remorques. Pour les ressources humaines, il y a un plan de recrutement, pour remplacer ceux qui vont à ma retraite et un plan de formation pour renforcer la capacité des hommes.

Après votre entrée en fonction, à quel moment vous êtes-vous rendu compte que, maintenant, vous pouvez vraiment gérer le Terminal à conteneurs ?

Il n’y a pas eu de moment d’observation. Nous avons pris les choses en main dès le 1er janvier [2020]. Le conseil d’administration, après avoir jugé de la capacité des nationaux à gérer ce terminal, était confiant de mettre en place cette Régie. Avec le travail accompli jusqu’ici, nous leur avons donné raison d’avoir pris cette décision. Certes au départ il y avait des doutes, qui étaient entretenus par une campagne de dénigrement de ceux qui continuent de penser que nous ne sommes pas capables de faire ce travail. Et pourtant la réalité est là.

A titre d’exemple, nous avons pu livrer en 2020, 123.000 conteneurs à nos clients dans un contexte de fermeture des frontières, qui ne favorise pas l’entretien efficient de nos équipements. Or, en 2019, l’ancien opérateur avait livré 116.000.Nous avons développé une ingénierie, qui nous a permis de contourner ces difficultés que certains avaient vu comme un obstacle à notre travail. Nous avons également embarqué et débarqué autant de conteneurs que ne l’a fait l’ancien opérateur.

Nous sommes dans un contexte de difficultés généralisées. Mais, si ces navires continuent d venir à nous, c’est parce que les armateurs nous font confiance. Donc, le Terminal à conteneurs de Douala a un caractère attractif car nous rendons un service, qui respecte les standards. A ce jour, on nous demande de ne plus faire de comparaison car, nous sommes au-delà des attentes. Nous avons améliorés les performances du Terminal dans tous les segments de l’activité et nous pourrons faire davantage.

Quelle stratégie comptez-vous mettre en place pour faire face à la montée en puissance du port de Kribi ?

Je voudrais préciser qu’il n’y a pas de concurrence entre Douala et Kribi. Il y a plutôt complémentarité. Le marché des conteneurs est un vaste marché. Ces deux ports ne suffisent même pas pour satisfaire entièrement ce marché. Il faut un troisième, voire un quatrième opérateur. La conteneurisation des marchandises va croissante dans le monde. C’est le moyen le plus sécurisé da faire les mouvements de marchandises aujourd’hui. Donc, chacun a sa part de marché. La montée en puissance du port de Kribi apparaît pour nous comme une grande opportunité. Le port de Kribi, qui est un port en eaux profondes, donne l’opportunité à notre pays de recevoir des bateaux de plus en plus grands et permettre de faire une économie d’échelle. Un trafic de cabotage est mis en place entre les deux ports. Ce qui permet aux conteneurs, qui arrivent dans les plus grands navires d’être transférés à Douala par le caboteur.

Quel est le chiffre d’affaires et les bénéfices dégagés ?

Le chiffre d’affaires se situe à 49,8 milliards de FCFA. En 2019, le chiffre d’affaires se situait autour de 48,4 milliards de FCFA. C’est e manière abusives que nous rapprochons les 49 milliards que nous projetons des 48 milliards de 2019. Il faut dire que dès le 1er janvier 2020, nous avons opéré une remise de 10% sur les tarifs de manutentions terre. Le gouvernement nous a prescrit de baisser les coûts de passage L’autorité portuaire et le conseil d’administration nous ont demandé de procéder à cette baisse tarifaire.

Cette baisse a entraîné une perte du chiffre d’affaires de 3,4 milliards de FCFA. Ce qui constitue cependant un gain pour l’économie nationale puisque que nous laissons cet argent entre les mains des chargeurs. On aurait pu intégrer ces 3,4 milliards FCFA au 49,8 milliards de FCFA de notre chiffre d’affaires.

Quant au bénéfice, nous ne pouvons pas encore en parler à ce stade car le compte bilan est en production. Mais, nous avons dégagé un excédent brut d’exploitation important. Les premières tendances montrent que nous sommes au-dessus de 20 milliards de FCFA en termes d’excédent d’exploitation. Mais, pas en terme de résultats après Impôts. Mais, nous avons pu verser à l’Etat, notamment au Port autonome de Douala 15,4 milliards de FCFA de redevance et frais de stationnement – que le Port n’avait plus reçu depuis plusieurs années et qui tournait souvent autour e 5 milliards de FCFA – et à l’administration fiscale, 9 milliards de FCFA.

Dans ces opérations financières, même les armateurs ont gagné car, nous leur avons fait des ristournes, qui ont représenté quelque 1,4 milliards de FCFA. Cela voudrait dire que nous avons redistribué à toutes les parties prenantes le gain de productivité sur le Terminal.

Quel est l’état d’esprit du personnel ?

On ne peut pas être dans un état d’esprit autre que de motivation, d’engagement, de détermination pour réaliser cette productivité. Le personnel que nous avons trouvé au Terminal à conteneurs était un personnel en partie recruté par l’ex opérateur et en partie une main d’œuvre intérimaire, qui était dans une situation d’illégalité car travaillant dans ce statut de temporaire depuis cinq ans. Dès le 1er janvier 2021 nous avons contractualisé tout ce personnel. Environ 70 personnes. Ce, afin de rendre leur situation stable.

Me personnel, qui était sous contrat avec l’ancien opérateur reste sous réquisition. Il y a eu des entraves car ce personnel est en contentieux avec son ex-employeur. Nous ne pouvons pas contractualiser ce personnel tant que ce contentieux reste pendant devant les juridictions. Nous avons déjà apprêté les ‘’templetes’’ des contrats qui seront signés dès que la décision de justice tombera. Mais, en attendant, quoiqu’il soit sous réquisition, ce personnel reçoit le salaire dont le minimum est ce qu’il recevait déjà chez l’ancien opérateur. Il reçoit tous les autres traitements.

Quels sont les premiers résultats de la sécurité renforcée à travers la vidéo-surveillance et la sûreté ?

Cette année 2020, nous avons eu le moins d’incidents jamais eu sur le Terminal. Cela est dû au renforcement du dispositif de sécurisation du Terminal. Nous avons fait la mise à niveau de nos collaborateurs en matière de lutte contre la criminalité. Nous avons renforcé le système d’éclairage. Nous avons, avec l’Autorité portuaire, renforcé le système de contrôle volumétrique et périmétrique de l’ensemble du port. Le niveau d’incident est le plus bas possible. il n’est pas nul. Car, parfois, le risque vient de l’intérieur du port lui-même. On a vu par exemple des employés dockers, qui sont allés commettre des infractions sur des conteneurs en abandonnant le leur. Ils se sont retrouvés là où ils n’étaient pas censés être. Dès lors, la caméra les prend et ils sont déférés. Le port de Douala est désormais une destination sûre et sécurisée. Sur le fleuve, une drague va assurer la sécurité de la navigation ainsi que le balisage. Que ce soit côté mer ou côté terre, la sécurité du port est assurée. De notre humble avis, nous avons plus que fait de ce qui était attendu de nous.

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