Cameroun – Extrême-Nord : Les déplacés internes sont formés sans être insérés

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Par Raoul Doba

Entre les pentes escarpés de flancs de montagnes, la sécheresse et l’absence des ONG dans les villages de de Toufou 1 et 2 dans le Mayo Tsanaga dans l’extrême nord et précisément à Mokolo, la Psychose règne en maître.

L’hôpital de ce village situé à quelques minutes du Nigeria et qui avait été incendié se trouve absolument déserté par le corps médical car là-bas tout comme il ya de cela un laps de temps, la secte islamique Boko Haram s’impose en maître malgré la présence des forces de sécurité dans la zone.

Çà et là, des habitations désertés, des maisons détruites et certaines incendiées, ils se souviennent encore comme si c’était hier. » j’étais chez moi endormi dans la nuit et j’entendis des cris. Comme nous avons des signes d’alertes, je me suis précité vers l’extérieur en toute vitesse où je devins témoin des barbaries des membres de cette secte. Des maisons ont été incendiés, des bétails emportés, et je n’avais que mes yeux pour pleurer du haut de la montagne où je me cachais car j’ai tout perdu. Ils m’ont tout pris et meme ces jours, nous dormons dans les montagnes de peur d’être surpris de nuit par les combattants Boko Haram » s’exprime yakoubou un habitant de Toufou 1 aujourd’hui ambassadeur de la paix dans le village et les environs.

Tout n’est pas encore terminé. Cette localité abandonnée par les ONG car sur la ligne rouge, est sans hôpital et désormais un souvenir pour ses fils et filles qui sont devenus des déplacés internes et occupent les villages environnants où la paix et la tranquillité se côtoient. Le CMPJ ou l’Ajef se voit former ces déplacés dans le cadre de différents ateliers à savoir la mécanique, la soudure,la couture et la broderie avec l’appui de l’Unfpa, agence des Nations Unies pour les populations qui conduit depuis 2019 un projet visant à la stabilisation pour la paix et la sécurité dans la région de l’extrême nord « Nous avons des besoins, notamment en matière d’appui pour l’insertion des jeunes. Lorsqu’ils sont formés, il faut directement les insérer faute de quoi, ils sombrent à nouveau dans la radicalisation », raconte Yaya Boubakary, chef du CMPJ de Zamaï. Dans le département du Mayo Tsanaga par exemple, l’organisme a réussi à implémenter le projet dans 4 localités à savoir : Zamaï, Tourou, Mozoko et Moskota.

 » Nous avons été formé pendant 7 mois et jusqu’ici nous n’avons reçu aucun appui pouvant nous permettre de nous procurer le matériel nécessaire pour le travail. J’ai été formé dans la broderie  et il n’y a pas de clients. Je pouvais encore faire le tour des villages environnants pour vendre mes réalisations mais hélas, nous n’avons que des promesses qui viennent de part et d’autre sans succès » s’exclame Charifa une bénéficiaire de la formation. Beaucoup de choses ont été faites, mais reste encore à faire pour ces déplacés internes pour qui des souvenirs des exactions sont leurs pains quotidien.

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