Cameroun et Transferts illicites des fonds : Le Mincommerce au banc des accusés

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En délivrant les déclarations d’importation aux importateurs des marchandises à l’extérieur, les services du ministère du Commerce camerounais Luc Magloire Mbarga Atangana sont fortement montrés du doigt comme étant à l’origine d’un vaste réseau de transfert illicite des fonds qui permet à certaines banques d’assécher les caisses publiques depuis des années.

Source : La Nouvelle

A travers le contrôle de l’Etat lors d’un colloque regroupant les différentes institutions spécialisées de la finance internationale tenu à  Yaoundé du 24 au 26 mai 2017 à la faveur de la conférence sur les mouvements illégaux de l’argent, le gouvernement camerounais avait avoué que notre pays a, entre 2003 et 2012, perdu près de 7 milliards de dollars, soit environ 4 200 milliards de Fcfa à travers les transferts illicites de fonds effectués par certains établissements financiers et bancaires.

Dans la foulée, lors du séminaire organisé par le ministère des Finances

et celui de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du Territoire, le 31 mai 2017, l’on apprenait que les réserves actuelles du Cameroun sont réduites à 2 mois. Ce qui voulait dire, en d’autres termes, qu’au niveau de la Banque centrale, notre compte d’opérations était déjà presqu’à zéro. Sur un autre plan, il est aujourd’hui connu que du fait de la chute drastique des prix du pétrole sur le marché international, les économies de la sous-région de l’Afrique centrale ont vu leurs réserves internationales fondre comme neige au soleil. Seulement, tous les experts conviennent que le Cameroun, grâce à son économie plus diversifiée, présentait un cas moins alarmant par rapport aux autres pays de la sous-région.

Malheureusement, il est aujourd’hui clair que notre pays fait face à une stagnation de sa croissance, à une baisse de ses recettes fiscales externes et à une dette publique exponentielle. A l’origine de cette situation ? La fragilisation des sources d’alimentation des caisses de l’Etat, avec en prime les recettes douanières qui sont dangereusement hypothéquées. Et comme le diagnostiquaient les experts présents au colloque du 24 au 26 mai dernier, les banques se trouvent être les principales voies d’assèchement des caisses de l’Etat, à travers le transit

de l’argent sale. Pour eux, certaines banques sont, depuis quelques années au centre d’une vaste fraude fiscale qui se manifeste à travers le transfert illicite des fonds à l’aide de faux documents et de certaines déclarations d’importation (Di) émises par les services du ministère du Commerce.

Ceux qui indexent ainsi les services du Mincommerce, pensent que l’ordonnance N°95/004 du 07 décembre 1995 portant mise en place du Programme de sécurisation des recettes douanières (Psrd) est carrément ignorée, au détriment de la Société Générale de Surveillance

(Sgs) qui devrait seule délivrer aux importateurs les déclarations d’importation (Di) par les services du ministère du Commerce constitue une violation flagrante de la loi, au point de susciter auprès de ceux-ci quelques questions essentielles.

Pourquoi les entreprises et la plupart des opérateurs économiques qui importent les marchandises à l’extérieur, recourent-ils à l’usage de ce document ? Que gagnent les fonctionnaires du ministère du Commerce derrière la délivrance permanente de cette Di qui empêche aux services des Douanes le prélèvement de la taxe d’inspection qui est de 0,95% ? Face à toutes ces questions, pour eux, il est clair que l’on est là en face d’un vaste réseau de détournement de deniers publics. Car pour les mêmes experts, en contournant la Sgs, ceux qui délivrent la Di au ministère du Commerce perçoivent inéluctablement cette taxe d’inspection qui aurait dû être versée dans les caisses de l’Etat… Plus

grave, l’usage de la Di délivrée par le Mincommerce a, à coup sûr, permis aux opérateurs économiques de transférer illicitement d’importants fonds qui pourraient se chiffrer aujourd’hui en milliers de milliards de Fcfa. Voilà les accusations qui fusent de plus en plus à l’encontre des services du Mincommerce.

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