Cameroun : Eric Golf Kouatchou raconte sa détention de 11 jours à Douala

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Le journaliste camerounais vivant en France et travaillant aussi pour Canal2 International raconte son arrestation et son séjour en prison. C’est dans une très longue lettre que le correspondant fait le récit des circonstances de son arrestation par la police camerounaise. La raison, une affaire de délation, de dénonciation calomnieuse et de diffamation à mon préjudice pour des faits qui se sont déroulés au Salon de l’agriculture en France. Cette affaire d’interpellation du Président Macron par Calibri Calibro. Nous vous proposons de découvrir dans son intégralité la lettre du correspondant de Canal 2 International, de Cnews et LCI.

« J’ai été interpellé le 2 avril 2020 à Douala au Cameroun dans le cadre d’une affaire de délation, de dénonciation calomnieuse et de diffamation à mon préjudice pour des faits qui se sont déroulés en France. À l’issue de onze jours de garde à vue, la vérité a triomphé sur l’arbitraire, le commérage et le mensonge. Le formidable élan de solidarité qui a dépassé les frontières du Cameroun et de la France, alors que j’étais pris dans les mailles de la Police Judiciaire, m’a profondément ému. J’ai été libéré, blanchi de tous soupçons.

Aucune charge n’a été retenue contre moi. J’ai été libéré, blanchi de tout soupçon. Aucune charge n’a été retenue contre moi. Je ne m’exprimerai pas d’avantage sur le fonds du dossier. Mon avocate au Barreau de Paris, Pascaline MELINON en a la charge, seule habilitée à cet effet. Ceux qui ont déjà subi des épreuves similaires savent à quel point nous ne ressortons jamais indemne d’une privation brutale et injuste de liberté. Pour l’heure, je m’en remets progressivement, d’où le retard pris pour vous exprimer toute ma gratitude et vous prie de m’en excuser. Ce qu’écrivait Albert Camus résonne d’autant plus aujourd’hui :

« Un journal indépendant donne l’origine de ses informations, aide le public à les évaluer, répudie le bourrage de crâne, supprime les invectives, pallie par des commentaires l’uniformisation des informations et, en bref, sert la vérité dans la mesure humaine de ses forces. Cette mesure, si relative qu’elle soit, lui permet du moins de refuser ce qu’aucune force au monde ne pourrait lui faire accepter : servir le mensonge ».

Journaliste et objectif

La mobilisation de nombreux journalistes, d’organisations de presse, d’organisations internationales de défense des droits de l’Homme, et de personnes anonymes, me confirme que j’ai fait le meilleur choix. En embrassant ce métier de journaliste, j’ai choisi de me mettre au service de l’objectivité. Ainsi, j’exprime ma très grande reconnaissance aux personnes et organisations suivantes :

Au Cameroun

  1. Emmanuel CHATUE, Président Directeur Général du Groupe Canal 2 International, M. Joseph FOTSO, Directeur Général, Mme Colette CHATUE, Présidente de la Fondation Canal 2 International et Mme Ananie Rabier BINDJI, qui n’ont ménagé aucun effort pour ma libération.

Critiqués pour leur silence, je suis reconnaissant de tout ce qu’ils ont fait dans l’ombre pour exiger ma libération. M. Dénis NKWEBO, Président National du Syndicat National des Journalistes du Cameroun qui n’a pas lésiné sur les moyens pour exiger du pouvoir de Yaoundé ma libération. Il a mobilisé la corporation dans le pays afin de faire prévaloir mes droits.

  1. Patrick TCHOUWA, Président National du Syndicat des Journalistes et Auxiliaires du Cameroun, encore merci. Aux journalistes du NORD-OUEST qui malgré les risques, ont marché pour exiger ma libération. Je reconnais qu’à la lecture de l’article du journal LE JOUR, du fond de ma cellule, des larmes ont coulé. Je vous serai éternellement reconnaissant pour avoir pris autant de risque pour un monsieur que l’on n’a jamais rencontré. C’est un signe d’amour et de solidarité que seul notre métier connait.

Mon frère ASHU LOIC, j’avoue que tu m’as été d’un soutien moral et matériel indéfectible. A tous mes collègues du Groupe Canal 2 International pour leur bienveillance à mon égard. Aux organes de presse locale. À M. le Commissaire Divisionnaire DILI Jacques, Directeur de la Police Judiciaire, ses collaborateurs et les Golfs papa, Indiana papa, Oscars papa, merci pour tout.

Aux Camerounaises et Camerounais qui m’ont soutenu. Aux Diplomates Camerounais accrédités en France pour leurs messages de réconfort. Pour le triomphe de la justice et de la dignité humaine en général dans le monde……’’

Eric Golf KOUATCHOU,

Journaliste Reporter d’Image, Diplômé de l’École Supérieure de Journalisme de Paris

Fait à Douala le 17 avril 2020

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