Cameroun : Emmanuel Macron ou la Diplomatie de la rue et la réhabilitation de la colonisation

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Après la sortie du président français hier au Salon de l’Agriculture à Paris après les « cris d’alarme » d’un Camerounais de la BAS (Brigade anti Sardinard), un citoyen camerounais écrit cette tribune libre pour dénoncer la sortie du patron de l’Elysée, qui, selon lui, est en marge du langage diplomatique et se remet sur le trône du Colon que fut son pays, il y a belles lurettes. Lire à tout prix ces propos d’Achille Noah Ekene :

« Pour les entrepreneurs de la guerre au Cameroun,  le pays de Douala Manga Bell est au sol. Il suffit de se courber pour le ramasser! C’est pourquoi ils ne manquent pas de clamer à tue-tête que le Cameroun n’est pas gouverné ! Mais encore faut-il avoir le dos pour se courber et ramasser! Et c’est précisément faute de dos pour se courber eux-mêmes, que les valets politiques de la BAS, à l’image de Calibri Calibro lancent des cris de gémissements planétaires  pour se trouver preneur !  Un appel d’offre du Cameroun – pays à vendre – est donc lancé à partir de la France, leur terre de prédilection!  En France bien-sûr, pas en Chine ou en Russie ! Emmanuel Macron est donc sollicité dans la rue pour faire partie des premiers clients ou des premiers bénéficiaires!  Accident politique ou complot diplomatique bien ficelé ?

Quand bien même il ne s’agirait pas d’un simple accident politico-diplomatique planifié en amont et destiné à brouiller les pistes de la guerre, on peut tout de même s’interroger sur l’opportunité d’une telle démarche d’un renégat, agent stipendié ouvertement à la solde d’un colonialisme direct mais honteux!

A l’époque dite coloniale, dans la plupart des cas, c’est bien le colonisateur qui allait vers le futur colonisé pour solliciter l’annexion du territoire ! C’est par exemple le cas, en 1884,  du Consul Hewett qui avait été envoyé par Londres pour venir négocier avec les chefs Duala pour l’occupation du Cameroun. Malheureusement,  il trouvera que les allemands l’avaient devancé en signant le traité Germano-Douala quelques jours plus tôt, faisant du Cameroun un protectorat allemand.

Aujourd’hui l’axe de manipulation du colonialisme a changé de perspective avec des méthodes encore plus violentes et ridicules qu’à l’époque coloniale !  C’est désormais l’homme libre qui exige d’être colonisé, exploité, violenté et spolié par le colonisateur ! C’est dire que nos entrepreneurs locaux de la guerre instrumentalisés et retournés contre leur propre pays, accusent en moyenne deux à cinq siècles de retard mental !

Revenons aux faits: l’agent stipendié qui  interpelle publiquement Macron – uun peu comme ces pauvres gens tourmentés par les démons, que rencontrait Jésus sur les chemins de la Palestine – et qui se présente en mandataire des victimes résignées du NOSO ou de Kondengui a quelque chose de surprenant dans son comportement : il prend son client (Macron)  pour un Messie, mieux une panacée pour son pays (le Cameroun) ! A son tour le « président des riches » comme il est sévèrement appelé dans son pays  réagit par une litanie des « Pressions sur le Président Biya »! Mais ce que le quémandeur de l’assistanat semble oublier c’est que son client, Macron, fait déjà lui-même face à une véritable crise de légitimité dans son pays la France, crise aussi profonde et redoutable qu’il peine à régler et qui est liée à ses politiques néolibérales combattues par les gilets jaunes, les travailleurs et les retraités! Ce qu’il refuse de voir c’est que le pays dont il sollicite l’intervention a laissé les pays comme la Libye, la Tunisie, le Soudan ingouvernables!

Au-delà des pures agitations politiques, le Cameroun fait face à une véritable guerre hybride, elle-même sous-tendue par la logique de la « bonne gouvernance » qui oblige les États souverains à (ré) négocier en permanence leurs biens politiques (paix, sécurité, territoire, élections, mandats politiques, etc.) avec des feymen issus de la société civile nationale et internationale ! Ces filous de la pire espèce (comme ceux de la BAS) formés en groupuscules mercenaires, identitaires, ethno-fascistes, terroristes, sécessionnistes, agissent sous la bienveillance des institutions internationales qui les financent surtout lorsque leurs intérêts sont menacés dans un État ! S’ils ne sont pas circonscrits dans un contexte de vigilance politique interne et externe, ils peuvent techniquement provoquer le chaos et l’irréparable ! »

Achille Noah Ekene

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