Cameroun : Emmanuel Maboang Kessack rend hommage à Stephen Tataw

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 » C’est vrai que le capitaine avait plus besoin de nos actions de son vivant. Mais, on reste très peiné et choqué en tout cas. Je peux vous dire que j’ai gardé un lien particulier avec lui puisqu’il était le vice-président du Rassemblement des footballeurs camerounais, association dont je suis le Président. Je suis donc bien placé pour vous dire que le capitaine était très fâché et ce, depuis longtemps. Fâché contre les dirigeants de la FECAFOOT et contre nous ses anciens coéquipiers. Il me disait d’ailleurs constamment que le jour de ses obsèques, il ne souhaite pas que certaines personnes viennent. Il disait que dans notre milieu, il y avait trop d’hypocrisie et de mépris surtout à son endroit. Il a eu besoin d’aide notamment à la disparition de sa femme et il n’y a généralement eu personne (…)

Le capitaine Tataw ne vivait pas bien et c’est arrivé au point où il se déplaçait en moto-taxi au vu et au su de tous. Sa voiture est restée en panne à la FECAFOOT pendant des années et au lieu de l’aider à la réparer, les gens du foot ont plutôt préféré la lui acheter (…) Le capitaine vivait de dépannage ou si vous voulez de mendicité. Il n’avait pas de salaire. Voilà ce qu’était devenu le capitaine des Lions Indomptables, quarts de finaliste de la Coupe du Monde 1990, avec un Baccalauréat en poche s’il vous plait. C’est que ce deuil réveille les consciences. Mfédé est parti presque dans les mêmes conditions, Massing aussi. Si la mort du capitaine ne nous alerte pas, on va perdre toute cette génération, parce que je vous assure que le torchon brûle vraiment ».

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