Cameroun : Dr Fridolin Nké parle de son entretien avec J. Fame Ndongo

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Mercredi le 29 avril 2020, invité par Monsieur Abane Engolo Patrick, Chef de Division des Affaires juridiques du MINESUP, j’ai eu une séance de travail matinale tendue avec ce dernier. Plus tard en mi-journée, j’ai eu un entretien avec Monsieur Jacques Fame Ndongo, Ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur. La rencontre s’est tenue à la demande du ministre, dans le salon d’honneur. Nous avons discuté de nos désaccords. Nous avons établi les responsabilités dans le conflit qui m’oppose aux autorités ministérielles, sans oublier d’envisager les solutions pour y mettre un terme. Sur le principe, le Ministre d’État a répondu favorablement aux deux réclamations que j’ai formulées et qui sont conformes non seulement aux dispositions de l’Arrêt de la Cour suprême prononcé en ma faveur en novembre 2017, mais aussi aux  recommandations écrites de Monsieur Aurélien Sosso, le Recteur de l’université de Yaoundé I.

Pendant nos échanges, Monsieur le Ministre d’État m’a beaucoup vanté les mérites de la politique du Président Paul Biya. Mais je confesse qu’en l’écoutant, mon esprit plein de pensées tueuses était ailleurs. Dans tous les cas, je savais que c’était une stratégie (la meilleure dans ces circonstances) pour édulcorer nos divergences et pour ne pas m’effaroucher davantage. En diplomatie, on n’aborde pas de front les sujets qui fâchent.

Au sortir de cet entretien, à 14H 12 minutes, Monsieur Jacques Fame Ndongo m’a donné une enveloppe blanche de la dimension des billets de banque disciplinés dont le poids et la physionomie reflétaient le caractère laborieux et ferme des échanges… Comment pouvais-je refuser la main tendue qui tient un bâton d’épines et d’avoine et qui  respecte la distance de confinement exigible dans la lutte contre le Coronavirus, surtout que la triste réputation la présente comme l’ange qui est accoutumé à serrer la main de Dieu au moment fatidique où un damné subi le jugement dernier ?

La philosophie est sacrilège, mais pas à ce point… Devais-je éconduire un Ministre de la République qui, au nom de l’intérêt supérieur de la nation, me proposait d’échanger mon adieu avec un au revoir ? Je fais cette mise au point pour indiquer que je sursois à la publication de mes chroniques Le Professeur Ignare et de mes Lettres d’outre-tombe (adressées à Jacques) pour donner le temps à la machine administrative de se mettre en branle et aux ordres de la Haute cour.

Je remercie le Ministre d’État, Chancelier des Ordres académiques, de m’avoir invité dans son cabinet et de m’avoir écouté. J’espère qu’il va – enfin – faire prévaloir son autorité de ministre. Mais je ne peux terminer cette déclaration sans fustiger l’attitude méprisante et criminelle de certains membres du régime du Président Paul Biya et d’autres cadres de la haute administration publique et parapublique camerounaise qui entretiennent des frustrations du personnel et d’innommables abus contre les usagers, les agents de l’État et les fonctionnaires, au nom de leur origine ethnique et de leur position privilégiée dans le réseau, la loge et les lobbies dominants au pouvoir.

Certains individus sans aucun talent et sans génie identifiable, proches collaborateurs de ministres et de DGs, sont dépourvus de scrupule et de la moindre épaisseur intellectuelle et professionnelle. Ils décident malgré tout de tuer des citoyens valeureux et intègres par la force démoniaque que les arrêtés et les décrets présidentiels confèrent aux âmes submergées par la haine et englouties dans le vice.

Tous ces cyniques, pourfendeurs de l’esprit républicain, réussissent à fructifier leur incompétence, leur arrivisme et leur cupidité en s’engraissant de la souffrance des Camerounais. Ils multiplient ainsi des comptoirs maudits de prébendes au sein des institutions de l’État pour escroquer leur patron et organiser des missions infâmes et grassement payées dont le but ultime est de sécuriser leur incontinence éthique et empêcher la justice de s’appliquer dans toute sa rigueur et sa splendeur.

Je me réserve le droit de les dénoncer avec toute la virulence et la verve critique dont la science du discernement me rend capable. Les philosophes ont la nature des sables mouvants/

Fridolin NKE

Expert du discernement

nkefridolin2000@yahoo.fr

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