Cameroun – Crise Anglophone : Un prêtre enlevé à Mamfé dans le Sud-Ouest :: Cameroon

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Le 22 mai dernier, le père Christopher Eboka, prêtre du diocèse de Mamfé, dans le sud-ouest du Cameroun, a été enlevé par des séparatistes. Le 28 mai, toutes les paroisses de ce diocèse ont célébré une messe pour sa libération.

Un prêtre a encore été enlevé dans la partie anglophone du Cameroun par des séparatistes. Le 22 mai, le père Christopher Eboka, prêtre du diocèse de Mamfé, dans le sud-ouest du Cameroun, a été enlevé en même temps qu’un cycliste.

Le père Eboka, directeur de la communication de Mamfé, avait quitté cette ville pour une brève tournée pastorale, en vue de la Pentecôte, pour se rendre dans certaines localités dépendant de la paroisse cathédrale de Mamfé, le vendredi 21 mai.

« Les rapports qui nous sont parvenus par la suite indiquent qu’il a été pris en otage le 22 mai 2021 par un combattant séparatiste », a précisé le chancelier de ce diocèse du sud-ouest du Cameroun, le père Sebastine Sinju, dans un communiqué publié le 26 mai. Et d’ajouter : « malgré tous les appels et les efforts pour obtenir sa libération, le père n’a pas été libéré et est toujours détenu au secret ». Le diocèse du Mamfé a, dans le même communiqué invité toutes les paroisses à prier pour la libération « immédiate et inconditionnelle » de l’otage vendredi 28 mai, à 9 heures.

Le marteau et l’enclume

La crise anglophone au Cameroun a commencé, en 2016 par des grèves d’enseignants et de personnel de justice qui dénonçaient la marginalisation des deux provinces anglophones du Cameroun, le Nord-ouest et le Sud-Ouest. Elle s’est enlisée ensuite en affrontements meurtriers entre l’armée et les combattants séparatistes appelés Amba-boys. Depuis le début de cette crise, l’Église est prise en tenaille entre les deux camps antagonistes qui l’accusent tour à tour d’être partisane.

« Il arrive que les séparatistes nous accusent d’être proches du gouvernement et que le gouvernement aussi nous accuse d’être proches des séparatistes », confirmait à La Croix Africa, Mgr Andrew Nkea, archevêque de Bamenda dans une interview publiée mi-janvier.

Meurtres et enlèvements

L’Église a de ce fait, payé un lourd tribut dans cette crise dans laquelle elle a perdu trois religieux en 2018. Le père Alexandre Sob Nougi a été assassiné le 20 juillet à Buea, dans le Sud-Ouest, et Gérard Anjiangwe, séminariste du diocèse de Bamenda, dans le Nord-Ouest, est mort le 4 août devant l’église paroissiale de Bamessing, tué selon son diocèse, par des soldats de l’armée régulière, d’après la déclaration officielle de son diocèse.

Source : Journal La Croix

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