Cameroun : Crise Anglophone – Le jeu trouble de certaines élites du Noso

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Tout se passe désormais comme si les preneurs d’otages remplissent tout juste un cahier de charges convenu entre les populations et leurs ravisseurs. Lequel vise à mettre le gouvernement de la République à genoux. Les complices sont nombreux et insoupçonnés, tapis dans des consciences attentives à tout mouvement de foule et à toute action de l’Etat qu’il faut saboter pour le déstabiliser. Ils les voient, les connaissent, conspirent avec eux en nous côtoyant au quotidien, l’œil mauvais, la dent dure. « Mais, qui est fou là même ? » a, un jour, chanté feu le grand Manu Dibango.

Par La Nouvelle

Chateaubriand au XIX siècle avait écrit un essai littéraire intitulé : « Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient ». Son projet y était de disqualifier l’argument simpliste évoqué par les dévots suivant lequel, il suffisait d’admirer l’immensité de la nature et ses merveilles pour se rendre à l’évidence de l’existence de Dieu. Serions-nous amenés à écrire une lettre sur les Anglophones à l’usage de ceux qui lisent le français, au risque de prêcher dans le désert tel Saint Jean-Baptiste ? Eh bien, allons-y ! Ceux qui comprennent la langue, assurément, attireront leur attention sur ce soupçon de complicité pesante qui transparait désormais des derniers évènements tragiques dans le Noso.

Quelques heures après C l’exécution des élèves dans un collège privé à Kumba, dans le Sud-Ouest, par une horde de suicidaires, les Ambazoniens ont refait surface. Cette fois, ils se sont attaqués au Presbyterian School à Kumbo dans le Nord-Ouest, où ils ont enlevé une kyrielle d’élèves et 7 de leurs enseignants. Redoutant et espérant atténuer le sort qui sera le leur lorsqu’ils tomberont entre les filets des forces loyalistes, car, cela arrivera bien, ils ont, semble-t-il, relâché les élèves et gardé en otages les enseignants.

A quelle fin ? Ça, il faut le leur demander. Toutefois, selon Radio France internationale (Rfi), ces enseignants eux aussi ont été élargis le jeudi 5 novembre, en même temps que le pauvre cardinal Christian Tumi, enlevé lui aussi quelques jours après le rapt des élèves et enseignants. Relevons qu’il ne nous a rien été dit de ce qu’il est advenu aux enseignants présents dans les classes au moment de la folie meurtrière de Kumba. Mais déjà, l’on perçoit comme une similitude dans le modus operandi de toutes ces actions. Leur plus petit commun dénominateur est que les ravisseurs sont en parfaite intelligence avec les responsables des établissements et les personnages ciblés.

Dans le premier cas, celui de la Mother Francisca de Kumba, il se dit que la fondatrice avait, in limine litis, versé, en dollars, une somme d’argent équivalent à 6 millions de nos Fcfa aux Ambazoniens, pour se prémunir d’une quelconque action blâmable. Mal lui en a pris. On ne pactise pas avec le diable. Car le diable est insatiable. D’autre part, les responsables du Presbyterian College ont entrepris des négociations directes avec les preneurs d’otages, en vue de la libération des enseignants encore en captivité. Enfin, la remise en liberté de Tumi est advenue suite à des transactions entre les populations et les mauvais garçons. Que faut-il comprendre ? Il y a lieu d’en inférer que toutes ces personnes impliquées dans le dossier et les ravisseurs se connaissent bien. Qui pis est, ces populations savent où les trouver. Elles les couvrent même, refusant de livrer l’information, la bonne, aux forces de défense et de sécurité que les élites – dans une langue de bois- accusent d’inopérance ou tout au moins d’inefficacité. Peut-être prennent-elles plaisir à vivre ce calvaire.

Qui sait ? Qui est donc fou de qui ? On ne donne pas à boire à des ânes qui n’ont pas soif. L’on comprend aisément que des individus, au risque de leur vie, acceptent de servir de boucliers humains pour aider les bandes armées à se fondre dans la population, espérant ainsi obliger les forces de défense à battre en retraite. Ou tout au moins à donner du blé à moudre aux espions de la communauté internationale infiltrés dans le pays sous diverses couvertures. En un mot, le complot est profond.

Sans prétendre donner des leçons au gouvernement de la République, disons qu’il devrait pouvoir tirer toutes les conséquences de cette complicité tacite. Il parait inexplicable, en effet, qu’avec tous les moyens logistiques et financiers alloués aux forces de défense et de sécurité, elles ne parviennent pas encore à débusquer les traitres parmi les populations civiles, les guérilléros où qu’ils se trouvent. Difficile également de comprendre qu’avec toutes les missions entreprises en vue du rétablissement de la confiance et de la paix dans ces 2 régions de notre pays, l’on en soit encore à subir de tels revers. Alors, écrasons l’infâme.

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