Cameroun – Covid-19 : Le Franc CFA à nouveau menacé de dévaluation

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Dans le rapport de politique monétaire de mars, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) prévoit que le taux de couverture extérieure de la monnaie reviendrait de 71,6 % projeté dans le scénario de base initial à 52,7% dans le scénario pessimiste.

Par Essingan

Si les pays de la Cemac ne luttent pas efficacement contre la pandémie du Covid-19 pour en limiter les conséquences économiques et financières, la situation macroéconomique deviendrait insoutenable». Dixit le rapport que la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) vient de publier relativement aux scénarii d’impact du Covid-19 dans la zone Cemac (Cameroun, Centrafrique, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad). Dans le cadre du scénario dit «pessimiste» évoqué par la Beac dans ce rapport, la Banque centrale souligne que ses marges de manœuvre, en matière de soutien à l’économie par des injections massives de liquidités, «sont limitées par le niveau encore insatisfaisant de ses avoirs de réserve (3,27 mois d’importations de biens et services en fin 2019), qui devrait par ailleurs se réduire du fait des pressions qui seraient exercées sur la position extérieure».

En matière de finances publiques, la Beac entrevoit un solde budgétaire global, dons compris, qui se creuserait de 6,6 % du Pib, contre un excédent de 0,9 % du Pib dans le scénario de base initial. Cette détérioration des finances publiques résulterait à la fois de la baisse des recettes budgétaires (-4,7 points de Pib) et d’une augmentation relative plus importante des dépenses publiques en pourcentage du Pib. A en croire la Banque centrale, les pertes de recettes pétrolières de la Cemac devraient dans ce cas atteindre 2653,7 milliards de Fcfa (environ 4,43 milliards Usd). Quant aux recettes hors pétrole, elles diminueraient de manière plus significative (- 1,2 % du Pib).

Forte augmentation

Compte tenu de la forte augmentation projetée des dépenses de santé et de soutien aux secteurs les plus touchés par la pandémie, les dépenses budgétaires augmenteraient de 2,9 points de Pib. Toujours en raison de la faiblesse des réserves budgétaires des pays de la Cemac, les déficits budgétaires additionnels (+6,6 % du Pib) seront principalement financés par un recours aux ressources monétaires et bancaires, compte tenu des difficultés que les pays pourraient avoir à mobiliser des ressources extérieures, les potentiels pays donateurs étant eux-mêmes en difficulté. Le déficit extérieur courant, transferts publics inclus, se creuserait à 10,3% du Pib, contre -1,7% du Pib dans le scénario de base initial, en lien principalement avec la détérioration des termes de l’échange de 49,0%.

Mais aussi la baisse des exportations (-11,5 % du Pib) et la légère progression des importations. Comme conséquence de cette évolution, le solde global de la balance des paiements se détériorerait davantage, se traduisant notamment par une forte baisse des avoirs de réserve, qui reviendraient de 3,98 mois d’importations de biens et services, dans le scénario de base initial, à 2,66 mois dans le scénario pessimiste. Quant à la situation monétaire, indique la Beac, elle se détériorerait davantage à travers la baisse des avoirs extérieurs nets, des crédits à l’économie et de la masse monétaire ; seules les créances nettes sur les Etats sont prévues en forte augmentation.

L’accroissement des créances nettes sur les Etats résulterait Dans le rapport de politique monétaire de mars, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) prévoit que le taux de couverture extérieure de la monnaie reviendrait de 71,6 % projeté dans le scénario de base initial à 52,7% dans le scénario pessimiste. «Si les pays de la Cemac ne luttent pas efficacement contre la pandémie du Covid-19 pour en limiter les conséquences économiques et financières, la situation macroéconomique deviendrait insoutenable». Dixit le rapport que la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) vient de publier relativement aux scénarii d’impact du Covid-19 dans la zone Cemac (Cameroun, Centrafrique, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad). Dans le cadre du scénario dit «pessimiste» évoqué par la Beac dans ce rapport, la Banque centrale souligne que ses marges de manœuvre, en matière de soutien à l’économie par des injections massives de liquidités, «sont limitées par le niveau encore insatisfaisant de ses avoirs de réserve (3,27 mois d’importations de biens et services en fin 2019), qui devrait par ailleurs se réduire du fait des pressions qui seraient exercées sur la position extérieure».

En matière de finances publiques, la Beac entrevoit un solde budgétaire global, dons compris, qui se creuserait de 6,6 % du Pib, contre un excédent de 0,9 % du Pib dans le scénario de base initial.  « Le taux de couverture extérieure de la monnaie reviendrait de 71,6 % projeté dans le scénario de base initial à 52,7 % dans le scénario pessimiste. Une telle évolution se traduirait par une réelle menace pour la stabilité extérieure de la monnaie, soulignant ainsi le fait qu’en l’absence d’ajustement budgétaire et de mobilisation conséquents des financements extérieurs, la Beac serait de nouveau soumise aux mêmes risques sur la parité de sa monnaie qu’en fin 2016 », révèle le rapport.

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