Cameroun : Comment le Minfi Louis Paul Motaze a séduit le Fmi

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Le Fonds monétaire international (Fmi) a octroyé 226 millions de dollars, soit l’équivalent de plus de 135 milliards de Fcfa, au Cameroun pour faire face à la crise sanitaire que traverse ce pays. Seulement comme l’indiquent de nombreux observateurs, ce prêt ne s’est pas fait sans contrepartie. Et comment ?

Par La Nouvelle

Bien malin qui pourrait croire qu’il n’existe aucun lien étroit entre l’annonce par le gouvernement camerounais, le 30 avril 2020, des mesures d’assouplissement pour faire face à la menace du Covid-19 et  la décision prise le lundi 4 mai 2020 par le Fmi d’octroyer un prêt de de 226 millions de dollars au Cameroun, soit l’équivalent de plus de 135 milliards de Fcfa à notre pays. Si d’un côté, les uns ont salué la survenance de ces mesures qui venaient alléger le confinement partiel dans lequel étaient jusqu’ici contraintes les populations, les autres par contre les ont décriées en ce sens qu’elles relèguent la santé des camerounais au second plan en priorisant le secteur économique. Seulement, en procédant de la sorte, de nombreux observateurs pensent que l’objectif du gouvernement était tout simplement d’obtenir le financement sollicité du Fmi. Et comment cela pouvait-il en être autrement ?

En effet, en instruisant le Premier ministre (Pm) Chief Dr. Joseph Dion Ngute, de mettre en place les 13 premières mesures, pour barrer la voie à la propagation du coronavirus, le président de la   République savait bien que le chemin sur lequel il venait de se lancer pour protéger ses compatriotes face à cette pandémie mondiale allait forcément nécessiter un appui financier énorme. Si l’on va assister à la création d’un fonds de solidarité dédié pour la cause, instruction sera par ailleurs donnée au ministre des Finances Louis Paul Motaze, d’obtenir de la part du Fmi un financement adéquat, au titre de la Facilité de crédit rapide (Fcr), instrument utilisé par les pays pour obtenir des financements visant à lutter contre la crise du Covid-19. Ce qui sera d’ailleurs fait le 17 mars 2020.

Seulement le dossier du Cameroun ne retiendra pas l’attention de cette institution de Bretton Wood lors de ses conseils d’administration des 14 et 28 avril 2020, au motif, comme l’indiquent de nombreux observateurs, que le Cameroun ne réunissait tout simplement pas toutes les garanties pour un éventuel remboursement, ce, malgré les 7 autres mesures instruites le 9 avril 2020 par le chef de l’Etat dans la lutte contre le Covid-19, surtout dans un contexte de chute des cours des matières premières, en dépit du fait que ce prêt est à taux zéro.

Mais seulement, pour le Minfi, ce report se justifie par le temps mis par les négociations. « La première lettre est partie du Cameroun vers le 17 mars et le Fmi nous a répondu favorablement. C’est alors que les négociations ont commencé par visioconférence, le contexte ne permettant pas les déplacements. Ces négociations étaient sur le point d’aboutir, mais le 27 avril, en tant que représentant de l’Etat, j’ai trouvé à redire dans le projet soumis. Il s’agit de prêts et non des dons ; donc nous devons faire attention. C’est nous qui avons demandé le report, le temps de corriger rapidement certains détails, cela nous a été accordé et le dossier du Cameroun est passé au Conseil suivant, c’est-àdire lundi 4 mai dernier.

Et les choses se sont bien passées. Le Cameroun est ainsi le 19ème pays en Afrique à bénéficier du financement du Fmi dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 », va indiquer le Minfi Louis Paul Motaze, dans une interview à lui accordée le 6 mai dernier par la Crtv. Soit. Si cette version du membre du gouvernement fait de plus en plus foi, certaines langues qui ne cessent de se délier indiquent, imperturbables, que le Fmi aurait plutôt exigé du gouvernement camerounais, avant l’octroi des fonds en question, que soient mises en marche, des mesures économiques en faveur de entreprises.

L’une des garanties pouvant accroitre les recettes de l’Etat, et par ricochet, garantir le remboursement du prêt sollicité. Vrai ou faux ? Une chose reste cependant vraie. Le 30 avril 2020, le chef de l’Etat va, en s’appuyant sur l’étude d’impact socioéconomique du Covid19, instruire la mise en place de 19 nouvelles mesures à caractère économique en faveur des entreprises de l’ordre de 114 milliards de Fcfa.

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