Cameroun : Clash à Ngaoundéré entre le gouverneur de l’Adamaoua et le maire

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Kildadi Taguiéké Boukar accuse les élus locaux d’être les commanditaires du soulèvement des mototaxis de la semaine dernière à Ngaoundéré.

A la suite des émeutes de Ngaoundéré depuis le 16 mars dernier, le gouverneur Kildadi Taguiéké Boukar a jeté l’anathème sur les élus locaux. «Vous avez vu une horde d’enfants, soi-disant moto taximen, qui ont envahi le commissariat central sous le prétexte que quelques motos ont été saisies hier (le 15 mars, Ndlr) au-delà de 22h. Ces motos violaient manifestement la décision signée en date du 08 février 2019 interdisant la circulation de motocyclettes dans la région de l’Adamaoua de 20h à 6h. Nous avons donc mené une opération le 15 mars de 22 h à minuit et quelques 50 motos ont été saisies.

A notre grande surprise, au lieu que ces enfants viennent tout calmement faire leurs revendications pour voir dans quelles mesures nous pouvons laisser partir leurs motos, ils sont venus encercler le commissariat central de la ville. Ils ont saccagé quelques véhicules dans l’enceinte du commissariat et ont même porté atteinte à l’intégrité physique de certains éléments des forces de l’ordre. Nous avons tout simplement été informés de ce qu’il y a des responsables qui tirent les ficelles pour instrumentaliser ces enfants. Tout naturellement, vous avez vu le nombre, pratiquement tous les mototaxis de la ville, alors que 50 étaient concernés.

Malheureusement, nous avons vu des milliers d’enfants mis au régime des drogues fortes venir bloquer des routes, fermer les commerces et porter atteinte à la liberté d’aller et venir des citoyens de la ville de Ngaoundéré. Le gouverneur n’a pas été épargné par leur colère, notre véhicule a essuyé quelques jets de pierres et des promesses de mort ont été faites. Nous avons tenu une réunion de crise avec les forces vives de la ville, les chefs traditionnels, les élus locaux, les autorités administratives, nous avons tiré les choses au clair pour que ces forces vives ramènent ces enfants qui se sont mal comportés à de meilleurs sentiments», a-t-il déclaré.

Des enquêtes administratives, policières et judiciaires ont été engagées afin d’établir les responsabilités à la suite de ces «actes de terrorisme et de grand banditisme», a qualifié le gouverneur. Mais «si d’aventure, certains responsables que nous connaissons déjà comme instigateurs de ces mouvements sont cités, je crois que les mesures de l’Etat vont être appliquées à leur endroit». Et c’est sans fioritures que le gouverneur s’est voulu plus menaçant. «C’est après avoir mis en place les exécutifs communaux que de tels actes se manifestent. Disons que c’est la suite logique de ce qui a été prêché par certains candidats lors de la campagne. D’ailleurs, si nous allons dans nos archives, nous trouvons que ceux qui sont élus aujourd’hui sont les mêmes qui, en 1991, étaient têtes de proue pour vandaliser les biens dans la ville pendant les années de braise. Nous allons, pourquoi pas prendre des mesures de garde-à vue. Car quand on est maire où conseiller municipal, cela ne donne pas le droit de décider de manipuler les enfants, de les instrumentaliser à faire le désordre dans la ville. Nous allons donc prendre des mesures de garde-à-vue parce ces élus n’ont pas d’immunité. D’ailleurs, même s’ils avaient une immunité, en cas de flagrance, on peut les arrêter et les détenir», a clamé Kildadi Taguiéké Boukar.

POURPARLERS

Sans citer personne de manière officielle, la déduction était toute faite. Le maire cité par le gouverneur n’est autre que Bobbo Salihou, tout nouveau maire de la ville de Ngaoundéré. Une nouvelle ère qui s’annonce sous le signe du magistère de l’ancien délégué du gouvernement, Hamadou Dawa, avec qui le gouverneur a eu plus d’une friction. «Il y a eu un clash entre le délégué du gouvernement et le gouverneur par rapport au recouvrement des frais de fourrière. Le gouverneur estimait que pour avoir signé le communiqué interdisant la circulation des motos, c’est à lui que devait être reversés les frais, soit 25 000 FCFA par moto», susurre un agent de l’ex-communauté

Source : L’Œil du Sahel

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