Cameroun : Ces morts de la France au Cameroun dans la Lutte pour l’indépendance

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Pour de nombreux observateurs, l’armée française s’est investie pendant 7 ans auprès du Cameroun, soit de 1955 à 1962 pour éradiquer l’Union des populations du Cameroun (Upc), un mouvement qualifié de rebelle par le colon et le pouvoir en place.

La question qui ne cesse de tarauder l’esprit de nombreux observateurs aujourd’hui est celle de savoir si l’ouverture des archives par la France, va vraiment réussir à panser les plaies de la répression féroce qui s’est abattue, au tournant de l’indépendance, sur les militants nationalistes de l’Upc ? En effet, le 3 juillet 2016, l’ancien président français François Hollande, en visite au Cameroun n’avait pas manqué d’évoquer pour la première fois, la répression coloniale en ces termes : « C’est vrai qu’il y a eu des épisodes tragiques dans l’histoire.

Il y a eu une répression dans la Sanaga-Maritime et en pays bamiléké et je veux que les archives soient ouvertes pour les historiens. » En fait de répression, le président français faisait allusion à ce tueries orchestrées par l’armée français, soutenue par certaines forces nationales, sur les adeptes d’une certaine idéologie sur les idées nationalistes, véhiculée par une élite locale dont le leadership syndical va donner en 1948 à l’Upc. C’est ce parti avec comme secrétaire général Ruben Um Nyobe, qui va vite devenir la principale force politique face à l’administration coloniale.

Des sources concordantes indiquent que c’est à partir de mai 1955 que des émeutes vont dans certaines villes pour des raisons qui demeurent mystérieuses. Des raisons que les archives coloniales pourraient certainement éclairer aujourd’hui, même si les nationalistes ont toujours pensé que ces troubles avaient été provoqués par le Haut-commissaire Roland Pré, qui cherchait un prétexte pour en découdre avec les communistes de l’Upc. Le 13 juillet de la même année, l’Upc et ses organisations annexes sont interdites, poussant ainsi ses leaders à se disperser. Ruben Um Nyobé se réfugie dans sa région natale, tandis que Félix Moumié, Abel Kingué et Ernest Ouandié s’enfuient au Cameroun anglophone avant de s’envoler vers Conakry, Accra ou au Caire. La seule année 1957, les combattants de l’Upc vont commettre plus d’une soixantaine d’attentats dans la Sanaga Maritime.

Le 13 septembre 1958,

Ruben Um Nyobe, qui avait été contraint à l’exil, sera tué en forêt de Boumnyébel, au cœur du pays bassa. L’ouverture des archives suffira-t-elle à faire la lumière sur cette guerre ? On peut en douter. Si aujourd’hui des incertitudes demeurent sur le nombre exact de victimes, tant il est vrai que de nombreuses personnes ont disparu sans laisser de trace, d’autres ont perdu la vie entre 1960 et 1971, lors des affrontements opposant la nouvelle armée camerounaise soutenue par des« coopérants militaires » français et la rébellion Upciste, de nombreux auteurs livrent cependant une fourchette d’estimations. Le général Max

Briand, chef des opérations militaires pour sa part parle de 20 000 morts

pour la seule année 1960, alors que la revue Réalités parle de 20 000 à 100 000 morts entre décembre 1959 et juillet 1961. Pour les archives britanniques citées par l’historienne Meredith Terretta, c’est entre 61 300 et 76 300 civils qui ont été tués de 1956 à 1964, alors que pour les 3 années d’insurrection en pays bamileké, André Blanchet, le journaliste au Monde évalue le nombre de morts à 120 000. Des chiffres aujourd’hui qui font froid au dos.

Source : La Nouvelle

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