Cameroun : Ce que Paul Biya ne dira pas à la nation

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Le chef de l’Etat s’adresse à ses compatriotes ce soir dans un contexte exceptionnel de crise comme en 1984 ou en 2008. La crise anglophone, la sécurité aux frontières du Cameroun sont des sujets très attendus.

Mais, les Camerounais risquent de ne pas être agréablement surpris par leurs attentes parfois surdimensionnées, à l’instar de la nomination ou la création d’un poste de Vice-président de la République. Les Camerounais attendent aussi que l’on proclame une décentralisation totale, pour venir contrer la volonté des ressortissants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Noso) de pouvoir accéder au Fédéralisme. Ils se font alors appeler les Séparatistes, qui tuent et détruisent cette partie du Cameroun, depuis trois ans.

Car, techniquement, la décentralisation souhaitée et inscrite dans la constitution du 18 janvier 1996 ne peut pas encore être opérationnelle dans sa totalité. Les transferts des ressources devant encore faire l’objet d’une assimilation des procédés. La plupart des Cameroun espèrent du discours du chef de l’Etat de ce soir 10 septembre 2019, que soit proclamer, de manière officielle l’ouverture d’un dialogue national sur la question anglophone, de la voix la plus autorisée. Ceci avec pour préalable l’élargissement de certains protagonistes de la crise anglophone incarcérés.

L’une des attentes repose aussi sur la crise politique, qui ne dit pas son nom au Cameroun. Notamment cette affaire du Mrc, qui fait des vagues, bien au-delà du triangle national, avec le jugement de Maurice Kamto et compagnie dans un tribunal militaire. Certes les textes de la République le prévoient. mais, ce n’est pas du goût de l’entendement populaire et populiste. Paul Biya peut-il ordonner, lors de ce discours, l’abandon des charges contre les militants du Mrc, quel que soit ce qu’ils ont fait, en marge de la loi ? Puisqu’il en a le pouvoir !

Des choses que les Camerounais attendent du discours de Paul et dont ils risquent de ne pas avoir des réponses qu’ils espéraient. Ils peuvent peut-être se réjouir des annonces dans le cadre de la gestion de la chose publique à l’instar de ce retrait de l’organisation de la Can 2019 et des inquiétudes qui émergent sur celle de 2021 que la CAF a offerte au Cameroun, dans un système de « glissement de dates ».

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