Cameroun – Casseurs : Le Mont Ngaoundéré dans l’Adamaoua en voie de disparition

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Les enfants casseurs de pierres sans actes de naissance au pied du mont Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua sont en danger. 

Au bas du mont Ngaoundéré, une trentaine d’enfants, de 8 à 18 ans, cassent des cailloux à longueur de journées, parfois amenés là par leurs parents trop démunis pour les envoyer à l’école. Et ce malgré l’interdiction de la loi et les risques pour leur santé.

Entouré de blocs de pierre et bordé par des ruisseaux au pied du célèbre mont Ngaoundéré ressemble à un camp de travail où s’échinent femmes, hommes et enfants, le dos courbé sous un soleil accablant. Assise dans un coin, un foulard posé sur la tête, une femme casse un bloc de pierre à l’aide d’une pioche. A côté d’elle, un homme dans la quarantaine transpire à grosses gouttes en essayant de morceler un bloc de pierre avec une barre de fortune fabriquée à partir d’un rail. Un peu loin, un enfant d’environ 10 ans, escalade, en respirant difficilement, un gros tas de pierres portant sur sa tête un seau rempli de cailloux. Le travail des uns et des autres est rythmé par les coups de marteau incessants, comme une musique de fond à laquelle se mêlent les bavardages peu audibles des travailleurs absorbés par leurs tâches.

Des regards absents, tristes et parfois durs témoignent de la rudesse du travail que des enfants, comme AMADOU , 14 ans, endurent au quotidien pour survivre. « C’est maman qui m’a encouragé à venir ici, car, dit-elle, cela contribuera à faire le marché tous les jours. Je ne vais plus à l’école. De toutes les façons, maman n’a pas les moyens de me scolariser. Donc j’économise pour faire plus tard de la mécanique », souligne-t-il.

Le cas d’AMADOU est loin d’être unique. Une centaine d’enfants, de 8 à 18 ans, sont contraints de travailler au bas du Mont Ngaoundéré au détriment de leur santé. Ceux qui les y amènent ne mesurent pas toujours les dangers qu’ils encourent. Ce travail pénible nécessite en effet beaucoup d’attention et de dextérité pour casser les blocs dynamités en cailloux. Les enfants peuvent s’écraser les doigts, se couper, ou se fracturer un membre lors d’une chute. D’autant plus inquiétant qu’à proximité du mont Ngaoundéré, on ne trouve aucune infirmerie. Le docteur A

ABDOUL AZIZ, évoque d’autres risques pour la santé : « les enfants qui travaillent dans les carrières ou les mines sont souvent victimes de maladies pulmonaires et de problèmes articulaires. Ils souffrent également de fatigue. »

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