Cameroun : Calibri Calibro avait-il sa place sur le plateau d’Alain Foka ?

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Telle est la question que se pose l’écrivain Gaston Kelman dans une Tribune libre.

J’ai été interpellé ici où là parce que dans ma chronique sur notre radio ABK mercredi 13 mai 2020, j’aurais contesté la présence du « lanceur d’alerte » camerounais invité par Alain Foka sur les antennes de RFI avec d’autres de ses « collègues » de divers pays africains. En effet j’ai dit que j’aurais souhaité que dans la situation sociale et politique que traverse notre pays aujourd’hui, le journaliste invitât plutôt des hommes politiques. Il m’a été fort opportunément rappelé que l’émission était ouverte aux lanceurs d’alertes. Pour certains, je n’aurais pas fait preuve d’humilité, m’érigeant en censeur d’un journaliste libre du choix de ses invités. Peut-être.

Je suis très pointilleux sur la justesse du mot à utiliser. Il n’y a pas longtemps on me reprochait aussi la présence fréquente du mot « imbécile » parmi les épithètes que j’attribuais à mes semblables. J’ai pris le temps d’expliquer que c’était le mot exact, que je ne pouvais pas, pour plaire au public, user d’édulcorations linguistiques. Comme disait Brassens, quand on est con, on est con. J’ai pris un certain plaisir à établir la hiérarchie des personnes peu sociables en partant du pauvre idiot(des villages ou des villes) pour arriver au vrai salaud en passant par l’imbécile (parfois) heureux ou le triste con. Ce n’est pas la même chose.

Pour revenir au lanceur d’alerte, je vous concède sans peine que c’est cette catégorie qui était invitée il n’y a pas longtemps par Monsieur Foka. Je ne connaissais pas les hauts faits des autres, ils les ont présentés. Il y a notamment cette dame médecin qui ferait de choses dans son pays. Mais si l’émission était donc ouverte aux lanceurs d’alerte, le Camerounais qui se fait appeler Calibri Calibro n’y avait pas sa place. Il y a ici une manifeste et intolérable  faute lexicale dans la préjudiciable confusion entre lanceur d’alerte et activiste. J’ai d’ailleurs cru comprendre que ce Monsieur revendique cette catégorie. On m’a dit que c’est sous l’étiquette de cette corporation qu’il se serait présenté à Monsieur Macron au salon de l’agriculture de Paris. Il se dit qu’il revendique la paternité et la direction d’un certain groupe la BAS, qui aurait à son actif des actes dont je vous laisse juge : sac des ambassades camerounaises (on parle aussi de vols), intimidation des artistes dont le seul tort serait de ne pas penser comme eux en soutenant un candidat qui ne leur plairait pas. L’activisme est une catégorie qui ratisse très large et revendique l’action directe, parfois violente jusqu’au terrorisme. Cette catégorie correspond donc bien à la BAS.

Le lanceur d’alerte est une catégorie récente qui revendique la réflexion accompagnant la non-violence. Pacifiste, il alerte la société sur les dangers qui la menacent. Ses armes sont souvent des pétitions mais il peut aussi enfreindre la loi dans la divulgation de certains secrets d’état qu’il aurait en sa possession et dont il penserait qu’ils pourraient nuire à l’humanité. Le lanceur d’alerte est souvent un spécialiste solitaire (informaticien) là où l’activiste évolue en bande. Quand vous aurez lu l’histoire d’Edward Snowden, alors vous comprendrez le gouffre qu’il y a entre l’activiste et le lanceur d’alerte et vous direz avec moi que le fondateur et principal animateur de la BAS n’avait pas sa place dans une invitation réservée aux lanceurs d’alerte. En plus de ses actes qui en sont loin,  dans ses sorties publiques il ne se présente pas comme tel.

Je tiens encore à m’excuser de la confusion que mes propos ont pu créer dans les esprits et vous promets beaucoup plus de clarté à l’avenir, au micro de notre radio ABK, ce turbo de l’info si cher à nous tous, et à moi en particulier au point de me tirer de ma torpeur de cette hibernation au doux nom de confinement.

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