Cameroun – Bernard Njonga : Une grande perte pour le Cameroun avec le décès du président du CRAC

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Décédé des suites de maladie en France, le défenseur des paysans laisse à la postérité de nombreux combats gagnés dans la lutte pour l’amélioration des conditions de vie du monde agropastoral.

Par L’Essentiel

La mauvaise nouvelle a commencé à circuler dans la soirée du dimanche 21 février 2021. Elle a été confirmée par la famille qui a annoncé que Bernard Njonga est décédé des suites de maladie. Il était, selon ces sources, interné au Centre hospitalier universitaire d’Amiens en France. Pas de précisions sur la maladie qu’il combattait depuis un an et qui a fini par l’emporter sur cet homme que l’on connaissait très dynamique. Cette information a aussitôt fait le tour du pays, tant l’homme était publiquement connu, du fait de son activité débordante sur l’action publique au cours des trois dernières décennies au Cameroun.

De manière globale, au sein de l’opinion, c’est le sentiment d’une grande  perte pour le Cameroun. L’homme était en effet très populaire pour ses actions au sein de la société civile. C’est lui qui a impulsé la mise sur pied du Service d’appui aux initiatives locales de développement (SAILD), première organisation non gouvernementale au Cameroun de droit suisse. Il a aussi œuvré pour la mise sur pied et le fonctionnement de Dynamiques africaines. Mais, on l’a surtout connu comme le président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC), organisation avec laquelle il a mené et gagné plusieurs combats.

Un lobbyiste redoutable C’était surtout l’homme des plaidoyers et des campagnes de lobbying auprès des décideurs politiques, au Cameroun et à l’international, pour le développement du secteur agropastoral et l’amélioration des conditions de vie dans le monde rural. Qui ne se souvient pas de la Coalition souveraineté alimentaire menée avec d’autres acteurs de la société civile ; de la campagne qui a poussé le gouvernement camerounais à interdire les importations de poulets congelés, ce qui a permis de booster le secteur avicole dans le pays ; ou encore la campagne contre les GIC fictifs et celle contre la pénurie de maïs…

Il a voulu porter ces combats en intégrant le milieu politique où ses préoccupations étaient toujours principalement axées sur le monde rural. Raison pour laquelle il a créé le parti politique Croire au Cameroun (CRAC) qui met le paysan au centre de ses objectifs. Candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2018, Bernard Njonga était le seul à présenter un programme politique cohérent et tourné sur le développement du secteur agropastoral. Grand ami de l’altermondialiste José Bové avec qui il a mené de grands combats, Bernard Njonga était très apprécié du landernau politique camerounais.

L’ingénieur agronome était aussi le chouchou des médias, qui aimaient l’inviter pour son franc parlé et ses prises de positions objectives. Sans fioritures, il dénonçait les tares de la gouvernance, mais savait aussi distribuer les bons points, en gardant toujours un œil sur les intérêts des paysans. Il voulait tellement les revaloriser qu’il créa « Éclat d’Afrique », premier magazine people des ruraux. C’est aussi lui qui fonda, dans les années 1980, le journal « La Voix du Paysan », un tabloïd axé sur le monde rural. Difficile de retracer toute l’œuvre de cet ingénieur qui, après trois années de service, avait quitté la Fonction publique camerounaise pour se lancer dans des activités privées. Près de 40 ans après, il tire sa révérence après environ un an de maladie. Le seul combat qu’il aura perdu dans sa vie…

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