Cameroun – Tchad – BDEAC : La prise de fonction de Dieudonné Evou Mekou, nouveau président semble coincer

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Selon des informations puisées à bonne source, les Tchadiens s’opposent à la nomination de l’actuel Vice-Gouverneur de la Beac à la tête de cette institution financière.

Les Tchadiens contestent la nomination de Dieudonné Evou Mekou au Poste de Président de la BDEAC estimant que l’institution leur revient. Pour eux, la conférence des chefs d’État n’a pas été consultée avant la nomination du Camerounais Dieudonné Evou Mekou. Après la Guinée Équatoriale, c’est au Tchad que revient la présidence de la BDEAC selon le principe de la rotation par ordre alphabétique.

Le Tchad occupant déjà le fauteuil de la Beac, il était donc question pour eux que le président de la commission de la Cemac, qui selon eux a d’ailleurs été convoquée à Ndjamena, puisse plutôt proposer la rallonge du mandat de l’actuel locataire jusqu’à la fin du mandat de Mahamat Abbas Toli à la Beac. C’est a dire dans un an et demi.

Non seulement le président de la Commission de la Cemac ne l’a pas fait, mais il s’est, selon les Tchadiens, arrangé avec « les proches » de Paul Biya, notamment le ministre des Finances Louis Paul Motaze pour faire signer cette décision au président de la République du Cameroun Paul Biya, par ailleurs Président de la conférence des Chef d’Etat, « un arrêt illégal portant nomination de Dieudonné Evou Mekou. Sans consulter ses pairs. Et sans validation de la conférence ».

Ils estiment que la moindre galanterie aurait été que le Cameroun les consulte. Ils disent que le ministre camerounais de l’Economie Alamine Ousmane Mey était en mission au Tchad et ils lui ont posé la question. Il aurait alors déclaré qu’il n’en sait rien et que c’est son collègue des Finances Louis Paul Motaze qui gère le dossier. Les Tchadiens proposent que le Cameroun s’engage à céder la place au lendemain du départ de Mahamat Abbas Tolli du poste de Gouverneur de la BEAC pour laisser la place à un Tchadien. Le seul compromis possible.

Côté camerounais, il s’agit ni plus ni moins d’une mauvaise compréhension et interprétation des textes qui régissent la Cemac. En vérité, c’est sur sa propre initiative  que le président de la commission s’est rendu à Ndjamena pour faire entendre raison aux Tchadiens. Le Cameroun ne saurait se contenter d’un mandat partiel, tel que proposé par mes Tchadiens.

Enfin, il est certain que le Président sortant de la BDEAC qui, selon les textes de la BDEAC qu’il a lui même fait adopter en 2019, n’est plus légitime depuis le 17 mars 2022, date d’expiration de son mandat de 5 ans entamé le 18 mars 2017. Or, il semble qu’il est en parfaite collusion avec les autorités tchadiennes, qui créent la polémique pour, probablement faire barrage à l’installation du Camerounais Evou Mekou. Une Situation qui le maintiendrait au poste jusqu’à la fin du mandat de Mahamat ABBAS Tolli à la tête de la BEAC en 2022. Ce qui leur permettrait de prendre la BDEAC en 2024.

Ainsi, après avoir eu la BDEAC de 2015 à 2017 (18 mois), la BEAC de 2017 à 2024, le Tchad reprendrait la BDEAC en 2024…. Et le Cameroun, serait le seul pays à ne jamais avoir présidé aux destinées de la BDEAC (exception faite du cas du Congo, État-siège) en 40 ans d’existence. Or, il s’agit de la première économie de la CEMAC. Un haut responsable de la Cemac qui a voulu garder l’anonymat estime que ce que disent les Tchadiens n’est qu’un tissu de mensonges.

1. Des dispositions  qui permettent au président en exercice de la conférence de signer des actes entre deux conférences pour palier certaines urgences existe et Paul Biya a signé des nominations sans avoir recours à ses pairs. C’est d’ailleurs devenu un usage communautaire.

2. Par apport à la question de la rotation des postes, c’est le même schéma qui a conduit Mahamat Abbas Tolli à la tête de la BDEAC il y a quelques années. Bref, le feuilleton est en cours et un émissaire tchadien va se rendre à Yaoundé la semaine prochaine

De plus, à partir du moment où le principe de la rotation a été instauré et que, sauf cas de mauvaise foi actuelle du Tchad, la Conférence des Chefs d’Etats n’est qu’une chambre d’enregistrement des noms des responsables désignés par chaque État pour occuper les mandats respectifs. L’éventuelle objection d’un pays sur un candidat présenté par un autre pays ne pouvant intervenir que pour des cas évidents et connus de moralité douteuse ou d’incompétence avérée. Or, ce sont des cas rarissimes,  car en toute responsabilité les pays proposent généralement des candidatures correctes.

On va ajouter le rôle trouble du Président sortant qui veut passer encore une année à la BDEAC en vendant l’idée aux Tchadiens. Il vient de financer une boulangerie à hauteur d’un milliard et demi de FCFA en Guinée – Equatoriale. Alors qu’il n’a plus droit de signature. Le vice président ayant les mêmes pouvoirs que lui, il tarde à préparer la passation de service. Laquelle prise de service doit être actée par un conseil d’administration de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC).

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