Cameroun – Apaisement : Charlemagne Messanga Nyamding implore le pardon de Ferdinand Ngoh Ngoh

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L’ancien cadre déchu de l’Iric fait profil bas face au Sgpr, en restant droit dans ses bottes d’intellectuel qui doit être «libre».

Source : Pris dans le forum Club Diapason de WhatsApp

«Je demande pardon à la plus haute hiérarchie si je l’ai heurté…». Le Pr Messanga Nyanding ne parle pas ici de Paul Biya. «Je parle du ministre d’Etat, secrétaire général de la Présidence de la République», clarifie-t-il. L’ex chef du département de l’intégration et de la coopération pour le développement à l’institut des relations internationales du Cameroun (Iric), ne passe pas par quatre chemins pour voir la main de Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr), et nombre de ses camarades du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), derrière les ennuis qu’il vient d’avoir dans sa carrière professionnelle.

Lui qui depuis quelques années, dénonce la gestion du pouvoir par le Sgpr, et qui a déjà eu à «professer» que «tant que Ngoh Ngoh est Sgpr, je ne serais rien dans ce pays». Messanga Nyamding le reconnaît, mais range cela dans le cadre des combats politiques. «Qui ne doivent pas avoir des répercussions sur ma carrière professionnelle» qu’il juge «exemplaire».

D’ailleurs, «j’ai été recruté à l’Iric le 1or octobre *2001, et à ce jour je n’ai jamais été sanctionné dans le cadre de mon travail. Mes ennuis viennent de mes sorties dans les médias», reconnaît celui qui explique que «mes sorties sont des analyses politiques». Mais «si dans mes analyses, j’ai heurté la hiérarchie, je demande pardon», plaide-t-il.

Une attitude qui se justifie par la violence de ses ^ennuis. .Avec entre vendredi et lundi- passés, un arrêté qui le démet de sa fonction à l’université de Yaoundé II, et une décision qui le «met à la disposition de l’annexe de l’université de Ngaoundéré», basée à Garoua. Des actes signés de Jacques Fame Ndongo, le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup). «En 48h, j’ai été durement frappé», avoue-t-il, quelques heures après la cérémonie de passation de service avec le Pr Yves Paul Mandjem.

Deux jours négativement surchargées pour celui qui a pris l’opinion nationale à témoin face à la «persécution» dont il se sent l’objet, à travers une mise au point qu’il a faite, dans laquelle le leader des Biayistes écrit que «depuis mon audition au SED (Secrétariat d’Etat à la Défense) le 09 mars dernier aucun jour ne passe sans que je ne reçoive des menaces de mort ou des intimidations administratives».

C’est que «je reçois des coups de fils parfois masqués, parfois avec des numéros affichés, dans lesquels mes interlocuteurs-me profèrent des paroles du genre « on va en découdre avec toi », « on t’attend au Nord », « on te suit », « nous aurons ta peau”,… ».

L’abbé Pierre, le partage et la liberté

De quoi contraindre l’homme à la langue fourchue à se raviser et faire profil bas. «Je vais désormais éviter tout ce qui peut heurter ma hiérarchie, la hiérarchie administrative qui nous gouverne», promet-il. Non sans camper sur sa mission de scientifique. «Je suis un intellectuel et je pense qu’en démocratie, les intellectuels doivent jouer leur rôle librement, sans que ceux qui détiennent le pouvoir administratif s’interposent», essaie-t-il de faire passer.

«Je suis un universitaire, un scientifique qui doit partager la connaissance. Et à ce titre, je suis l’abbé Pierre», s’autoproclame-t-il, évoquant ce prélat français qui passait pour être la voix des sans-voix et des pauvres. «Je sais que le Sgpr et le ministre de l’Enseignement supérieur ne peuvent pas tordre la loi. J’ai été sanctionné pour mes opinions politiques», joue-t-il entre dénonciation et supplication.

Cela survient un 24 mars, jour anniversaire du Rdpc. Parti au pouvoir dont l’ancien responsable à l’Iric est membre du Comité central. L’homme de science profite pour émettre un vœu à l’endroit de ses camarades : «en tant que militant du Rdpc soutenant le président de la République, 36 ans après la création de notre parti, tous les militants devraient s’approprier cette conception de la liberté», souhaite-t-il. Regrettant que ses «ennemis» les plus féroces «viennent davantage de l’intérieur du parti que de l’opposition».

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