Cameroun : Anicet Ekane et le Manidem ouvrent le feu sur Vincent Bolloré

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Le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie dont Anicet Ekanè est le leader naturel vient de signer une déclaration sur l’actualité des domaines sensibles de l’économie nationale en proie aux privatisations au Cameroun.

Le chef de l’Etat camerounais vient de demander la suspension du processus de finalisation d’une nouvelle concession imposée au terminal à conteneurs du port de Douala. La décision du président Biya est motivée, officiellement, par la contestation de l’un des candidats à la reprise de cette exploitation, le groupe françafricain Bolloré, déjà présent dans de larges pans de l’économie nationale. Il est évident qu’au-delà de la revue des troupes des politiciens Aujoulatistes, le ministre français Le Drian est venu à cette occasion sauver le soldat Bolloré éjecté de la sélection depuis un an.

Le Manidem le dit avec force et sans ambages : c’est un coup supplémentaire et inacceptable qui s’opère ainsi contre les intérêts économiques du Kamerun. En effet, quelle que soit l’explication, cette décision ne va pas aider notre pays à sortir du guêpier qu’est le contrôle global de l’économie nationale par des intérêts étrangers et surtout anti-kamerunais. Bolloré tient déjà depuis 20 ans le chemin de fer avec les résultats de l’on connaît : aucun développement du réseau, une politique sociale a minima et par-dessus le marché, la terrible catastrophe d’Eséka d’octobre 2016. Sa présence au port de Douala, principale place des échanges internationaux, lui donne une position quasi monopolistique.

Or il est impossible de faire avaler aux Kamerunaises et aux Kamerunais que nous sommes incapables de prendre en charge nous-mêmes ces activités. Gérer un terminal portuaire n’est pas de la sorcellerie occidentale. Les Kamerunais peuvent très bien le faire. Les prétextes des résultats médiocres de la gestion publique, de la capacité financière ou technique des opérateurs économiques locaux, y compris l’Etat kamerunais, ne peuvent tromper que les antipatriotes et les naïfs volontaires. Il en est ainsi de nos équipements de transport, comme d’autres biens publics stratégiques bradés aux vautours du capitalisme qui sont d’autant plus à l’aise pour nous dépouiller que le système est globalement corrompu.

Le Manidem appelle donc la communauté nationale à se mobiliser sur cette question d’intérêt national pour obtenir :

1- que le gouvernement fasse le point, publiquement, sur toutes les privatisations en commençant par celle du terminal qui fait l’objet de débat actuellement ;

2- qu’une discussion publique soit ouverte pour que les meilleures idées de reprise, restructuration et relance de toutes nos entreprises stratégiques privatisées (électricité, transport, etc.) soient sélectionnées et déterminent l’avenir de notre économie ;

Par-delà les clivages partisans, il importe d’appuyer une telle démarche pour mettre le Kamerun sur la voie du progrès réel, honorer la mémoire des victimes des privatisations et surtout éviter le renouvellement prévisible de ce drame que l’on redoute ou dénonce même dans les économies capitalistes les plus riches de siècles de prédation (exemple des chemins de fer français et anglais).

Fondamentalement, la politique capitaliste de profit à tout prix qui a été imposée à notre nation par le gouvernement via les privatisations ne peut pas permettre à un pays aussi pauvre et fragile que le nôtre de donner à chacun des conditions de vie dignes. Le gouvernement ne peut plus dire le contraire maintenant que ses propres évaluations corroborent (cas d’Eséka) ce que le Manidem a toujours dénoncé : la mainmise prédatrice du capitalisme international sur une économie kamerunaise saignée au profit de l’étranger. Cette logique inhumaine est à la base de la pauvreté dans laquelle végètent l’immense majorité de nos compatriotes.

Le Manidem rappelle que les sociétés publiques privatisées sont un bien commun constitué par plus d’un siècle de travail ardu, sur le sang et la sueur des Kamerunais les plus humbles. Ce sont des biens publics qui doivent être sacralisés. Leur mauvaise santé ne peut être que le résultat naturel de la mauvaise gestion du RDPC. Elle ne saurait justifier, hier comme aujourd’hui et demain, l’intrusion de privés uniquement soucieux de se remplir les poches dans les conditions que les Kamerunais de bonne foi décrient.

Chaque Kamerunais doit plus qu’hier s’engager pour mettre fin à cette situation qui n’a que trop duré. Il est dès lors impérieux de changer de cap. A chacun de se prononcer clairement pour ou contre les intérêts du Kamerun !

Le Manidem dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit.

Pour le bureau politique du Manidem

Anicet EKANE

Douala, le 25 octobre 2019

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