Cameroun – Affaire Bolloré-Pad : Quand le grand muet Laurent Esso parle

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Par La Nouvelle

Trêve de polémique inutile. Comme vous allez le constater dans cet article qui prend ancrage sur une correspondance de Maître Yondo Black, le ministre d’Etat, ministre de la Justice, garde des Sceaux, a toujours eu à intervenir aux côtés du gouvernement. Surtout quand il sent que les intérêts de l’Etat du Cameroun sont menacés. Mais curieusement, dans l’affaire Bolloré-Pad, malgré les performances de la Rtc, malgré les hautes instructions du chef de l’Etat que lui répercute Ferdinand Ngoh Ngoh, l’homme semble ramer à contre-courant desdites instructions présidentielles. Le Pad se retrouve ainsi en train d’être malmené devant le Tribunal administratif de Douala et ce, même si ses arguments sont pertinents.

Grand muet. Laurent Esso n’a jamais si bien porté ce petit nom depuis le déclenchement de l’affaire Bolloré-Pad. Même si en réalité, dans les milieux de la justice, on lui attribue à tort ou à raison le beau rôle dans l’affaire Bolloré-Pad. Le véritable maître à jouer en somme. Seulement, de nombreux observateurs prolixes n’hésitent pas à se rappeler du ton incisif de Laurent Esso lors de la dernière grève des avocats. Me Yondo Black n’a pas loupé l’occasion pour lui remonter les bretelles. Et ceci, dans une lettre ouverte au vitriol.

« L’histoire de l’avocature a connu des hauts et des bas. Et dites-le vous bien, Monsieur le ministre d’Etat, vous n’êtes pas le premier à réserver un triste sort à ce grand corps d’élite, et vous ne serez certainement pas le dernier, car le barreau sera toujours un contrepouvoir face à un pouvoir exécutif dans sa soif absolue de vouloir tout régenter, il va donc falloir faire avec», indique d’emblée Me Yondo Black. Suffisamment remonté par l’attitude de Laurent Esso, il rappelle à son bon souvenir que « le Cameroun ayant choisi d’être un pays de défense libre, il a le devoir, il faut vous le rappeler, non seulement de s’assurer une bonne formation de ces hommes de la défense que sont les avocats, mais aussi d’assurer en toutes circonstances leur protection.»

Le rappel historique de Me Yondo Black sur cette protection de ses confrères en Hexagone depuis la nuit des temps, amène l’homme en robe noire à rappeler au bon souvenir de son interlocuteur ses intrusions spectaculaires dans la vie du Barreau. « Vous voyez donc, Monsieur le ministre d’Etat, la vie du barreau n’a jamais été un long fleuve tranquille et vous ne nous surprenez pas lorsque, confronté par le fait des avocats de suspendre le port de leur robe, vous faites allusion à des procédures que les justiciables sont en droit d’initier contre eux, et vous n’y voyez que le chef d’abus de confiance, un fait punissable par la loi pénale, parce que dans les rapports sociaux, vous ne semblez connaître que l’aspect pénal des choses qui relève exclusivement de juridictions répressives.

C’est sous ce prisme de la répression systématique que votre gouvernement a toujours entendu apporter solution aux problèmes multidimensionnels qui lui sont posés », fulmine Me Yondo Black qui rappelle par ailleurs à Laurent Esso ses propos tenus après le lancement du mot d’ordre de grève des avocats. Laurent Esso indique alors : « J’ai entendu parler de la grève des avocats…  ça me paraît simplement étonnant que des avocats soient des juristes mais ne savent pas que ce que c’est qu’une grève… Une grève s’adresse à son patron. Le tribunal n’est pas le patron de l’avocat. L’avocat a comme patron le client qui a payé et qui attend un service ; donc que, si l’avocat ne va pas à l’audience, il ne peut pas dire qu’il est en grève, cela ne concerne pas le fonctionnement de l’Etat.

Cela concerne le client et l’avocat et le client est en droit d’engager une poursuite contre son avocat pour abus de confiance. Il a pris l’argent, il n’a pas rempli saa mission…Tous ceux qui ont parlé de la grève des avocats ont utilisé un terme inapproprié (…) », tranche-t-il. Alors questions : pourquoi Laurent Esso n’intervient pas avec la même ardeur au moment où l’Etat du Cameroun représenté ici par le Pad a du souci à se faire ? Laurent Esso aurait-il intérêt à jouer le jeu de Bolloré ? La réponse semble se trouver dans la question.

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