Cameroun – Accords coloniaux : Paul Biya est-il sur les traces du Guinéen Sékou Touré ?

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La question est sur les lèvres de nombreux observateurs qui observent avec intérêt la gestion que Paul Biya fait de la fin des accords coloniaux.

On n’en parle presque pas au point où il est évident d’affirmer que le sujet sur les accords coloniaux qui lient la France à certaines de ses colonies est demeuré tabou ? Pourtant les langues qui commencent à se délier indiquent de plus en plus aujourd’hui que Paul Biya serait sur les traces de Sékou Touré, le premier président de la République de Guinée rentrée dans l’histoire de la décolonisation comme celui qui a eu en 1958, le toupet de dire non à la France. Pour la grande histoire, lorsque

Sékou Touré déclenche l’abandon de la France en refusant d’accepter l’indépendance comme la France le proposait à ses colonies africaines, 3.000 Français quittèrent la Guinée en prenant tous leurs biens et détruisant ceux qui ne pouvaient l’être comme les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique, les voitures, les livres, etc… Pour Sékou Touré, « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage. » Le but de la manœuvre : envoyer un message fort aux autres colonies qui auraient été tentées par le rejet de la France. Cette manœuvre a d’ailleurs bien réussi qu’après ces évènements, aucun n’autre pays n’a été tenté de suivre cette voie. Ceux des pays nouvellement indépendants devaient se soumettre au risque de subir les mêmes conséquences où la France n’hésitait pas à recourir au coup d’Etat pour positionner leurs pions. On l’a vu au Togo où non satisfait de se faire rembourser la « dette coloniale » proche de 40% de son budget, La France fera exécuter Sylvanus Olympio qui est remplacé par un ancien légionnaire français. Le Mali n’a pas échappé à cette donne des coups d’Etat avec Modibo Keita renversé par un coup de force. Tout comme David Dacko renversé par Jean Bedel Bokassa.

Au Cameroun, toujours selon la grande histoire, c’est le 26 décembre 1959 que Ahmadou Ahidjo, le tout premier président du Cameroun signe avec la France d’importants accords parmi lesquels, des accords de défense. En paraphant ces accords, Ahmadou Ahidjo ne savait pas qu’il venait alors d’embarquer le Cameroun dans une spirale qui allait plus tard compromettre son avenir. Pour que tout se passe selon la volonté de la France ce jour-là, nos sources indiquent que la métropole avait insidieusement pris soin que le président camerounais se retrouve devant 2 Français à savoir Jacques Rousseau et Georges Becquey. Ce

sont ces 2 personnages qui étrangement menaient les discussions comme des représentants du Cameroun. C’est ce que révèle Jean Pierre Pougala dans son livre intitulé « Les Bamiléké au Cameroun : ostracisme et sous-développement ». En parcourant lesdits accords, pour bénéficier de la protection militaire de l’Etat français, le Cameroun se devait : « d’informer la France de la politique que les politiciens camerounais entendent suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques, ainsi que des mesures qu’ils se proposent de prendre pour l’exécution de cette politique ; de faciliter, au profit des forces armées françaises, le stockage des matières premières et produits stratégiques ; et lorsque les intérêts de la défense l’exigent, de limiter ou d’interdire leur exportation à destination d’autres pays ; le Cameroun doit réserver en priorité, la vente de ses matières premières et produits stratégiques à la République française, après satisfaction des besoins de sa consommation intérieure, et s’approvisionner en priorité auprès de la France ». Un véritable contrat de dupes.

C’est donc ce contrat de dupes que Paul Biya s’échine ces dernières années à démanteler. Le président Paul Biya qui accède au pouvoir en 1982 avait certainement une idée par rapport à cette épée de Damoclès suspendue sur la tête du Cameroun à l’orée de son indépendance. Et la preuve ? Le 21 mai 2009 à Yaoundé, au lieu de renouveler tout simplement ces accords comme l’avait fait son prédécesseur en 1974, le président Paul Biya signe avec le Premier ministre français, François Fillon, dépêché à Yaoundé

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Source : La Nouvelle

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