Cameroun : 6 novembre 2020 – Où sont passées les Grandes opportunités de Paul Biya ?

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Entre crise sociopolitique et sanitaire, les 2 ans du septennat des « Grandes opportunités » ont connu des vertes et des pas mûres. Ce qui n’a quand même  pas empêché au chef de l’Etat Paul Biya, d’explorer des pistes nouvelles, permettant de saisir toutes les opportunités pour offrir aux Camerounais une vie paisible, malgré quelques soubresauts. Et comment ?

Par La Nouvelle

2 ans déjà ? Qu’est-ce qu’il passe vite le temps. Même si pour certains, ces 2 années ont paru comme une éternité. Surtout chez ceux à qui, le choix du président Paul Biya à la tête de l’Etat depuis l’élection du 7 octobre 2018, avec 71,28% de suffrages valablement exprimés, n’a cessé de donner, tournis, insomnies, nuits blanches et tout ce qui va avec. En effet, le vendredi 6 novembre 2020 dernier, cela a exactement fait 2 ans que le chef de l’Etat a réaffirmé ce fameux « I do so swear »,  signe d’un engagement irrévocable envers le peuple camerounais dans le cadre de ce que lui-même a qualifié de septennat des « Grandes opportunités ».

Un septennat placé d’ailleurs sous l’égide des principes de fidélité absolue aux institutions de la République d’une part, et d’engagement personnel irrévocable du président Paul Biya à se conformer aux obligations qui sont celles du chef de l’Etat, telles que définies par la loi fondamentale, d’autre part. Le 6 novembre marque également le jour où Paul Biya devient président de la République par le jeu des mécanismes constitutionnels, à la suite de la démission d’Ahmadou Ahidjo, « le père de la Nation ».

C’était en 1982, soit exactement 38 ans. Si 2 ans après, les Grandes opportunités restent d’actualité comme nous précisions d’ailleurs 2 dans notre édition N°566 parue le lundi 9 novembre 2020, l’entame de ce septennat va se faire dans un contexte sécuritaire très particulier. Si les forces de défense et de sécurité, de concert avec les voisins et partenaires traditionnels du Cameroun ont su faire face à la menace Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des forces négatives ont cru pouvoir profiter de revendications d’ordre corporatistes pour essayer de mettre en œuvre un projet de sécession.

Il s’en est alors suivi une succession d’actes de violence terroriste auxquels le gouvernement a répondu en prenant des mesures nécessaires pour la préservation de l’ordre public, ainsi que la sécurité des citoyens et de leurs biens. Entre autres mesures prises par le chef de l’Etat dans ce sens, nous pouvons citer, l’arrêt des poursuites ordonné le 14 décembre 2018 contre 289 personnes poursuivies par  devant les Tribunaux militaires. Une décision qui intervenait à la suite du décret présidentiel N°2018/719 du 30 novembre 2018 portant création du Comité national de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration (Cnddr), destiné à permettre à ceux de nos jeunes compatriotes qui se sont laissés berner par les chimères de certains vendeurs d’illusions pour prendre les armes, cédant ainsi le flanc aux tentations de la barbarie et de la violence aveugles, à retrouver le droit chemin, de manière à se réinsérer dans l’ordre normal de notre société.

FRUSTRATIONS

Une innovation du chef de l’Etat jamais vue nulle part ailleurs dans un   pays en crise. L’on va même assister, à la stupéfaction générale, à l’organisation, entre le 30 septembre et le 4 octobre 2019, d’un Grand Dialogue National (Gdn), ayant permis, dans le cadre de la Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de la nation. Cette grande rencontre nationale avait alors permis d’aborder les questions liées au bilinguisme, la diversité culturelle et la cohésion sociale, la reconstruction et le développement des zones touchées par le conflit, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le système éducatif et judiciaire, la décentralisation et le développement local, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants, le rôle de la diaspora dans le développement du pays, etc.

Bien sûr, le désir maintes fois exprimé, des populations d’être mieux associées à la gestion de leurs affaires locales, a conduit le chef de l’Etat à mettre en place un cadre réglementaire visant à accélérer le processus de décentralisation, notamment avec la promulgation de la loi N°2019/024 du 24 décembre 2019 portant Code général des collectivités territoriales décentralisées, consacrant entre autres un statut spécial pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Si ces différentes mesures ont eu le mérite d’avoir résolu les problèmes initiaux, subséquents aux frustrations exprimées dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest, elles n’ont cependant pas suffi à mettre fin à la fronde alimentée par quelques illuminés terroristes mercantilistes qui continuent de perpétrer, meurtres et rackets dans ces 2 régions. C’est certainement la raison pour laquelle de nombreux observateurs ont pensé qu’il faut aujourd’hui passer à la phase dite répressive pour mettre ces individus hors d’état de nuire.

Entre-temps, durant les 2 premières années du septennat des grandes opportunités, Maurice Kamto et son Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) n’ont pas facilité la tâche au régime en place. Entre marches insurrectionnelles, incitation à la révolte, et troubles à l’ordre public, le pas a souvent été vite franchi par le Mrc pour braver les interdictions des autorités. Ce qui a d’ailleurs valu à Maurice Kamto et à bon nombre de ses militants d’être incarcérés pendant 9 mois dans de nombreux établissements pénitentiaires (de janvier à octobre 2019). Ils vont finalement recouvrer la liberté grâce à la magnanimité du chef de l’Etat.

Absent lors du double scrutin législatif et municipal du 9 février 2020, le Mrc va multiplier plusieurs subterfuges pour ne pas se faire totalement oublier et survivre par la même occasion sur la scène politique. On le verra par exemple avec la gestion de la crise sanitaire du Covid-19, où le président de la République avait même été annoncé pour mort par les leaders du Mrc et ses alliés. Ils seront finalement désillusionnés lorsque le « fantôme » du chef de l’Etat va réapparaitre pour accorder des audiences aux émissaires de certains pays amis. Rabattant ainsi le caquet à tous ces oiseaux de mauvais augure qui commandaient déjà de constater la vacance de la présidence de la République. Seulement ils doivent prendre leur mal en patience et supporter le chef de l’Etat encore pendant 5 bonnes années. Encore il faudrait que le peuple camerounais décide que son chef suprême peut enfin prendre du repos, car c’est ce peuple qui l’a toujours choisi depuis 38 ans aujourd’hui.

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