Cameroun : 30 Mw d’énergie solaire modulaire et mobile dans les régions du Septentrion en 2021 :: Cameroon

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Afin de soulager les ménages et entreprises des régions septentrionales du Cameroun, qui vivent des délestages sans précédent depuis plusieurs mois, en raison de la baisse du niveau des eaux dans le barrage de Lagdo, le gouvernement et l’électricien Eneo peaufinent un projet de centrales solaires modulaires et mobiles d’urgence. L’information est contenue dans un communiqué officiel rendu public le 5 mai 2021, par le concessionnaire du service public de l’électricité dans le pays.

Ces infrastructures, prévues pour débiter 30 MW au total, seront installées dans les villes de Maroua, dans l’Extrême-Nord, et de Guider, dans la région du Nord, selon le communiqué sus-mentionné. Mais, dans une lettre adressée le 16 avril 2021 au directeur général d’Eneo, Éric Mansuy, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, cite également la ville de Kousseri (Extrême-Nord) parmi les bénéficiaires de ce projet. La correspondance sus-citée n’est d’ailleurs qu’une relance du ministre Eloundou Essomba, pour la mise en œuvre rapide de ce projet validé par ses services depuis janvier 2021.

« Dans le cadre de la recherche de solutions les plus appropriées pour juguler le déficit en énergie électrique dans le réseau interconnecté Nord (RIN), j’avais marqué mon accord à la société Scatec, par ma correspondance du 11 janvier 2021, à l’effet d’engager et de boucler en urgence avec votre entreprise, les discussions commerciales et techniques en vue de l’installation et la mise en service de centrales solaires modulaires et mobiles d’urgence de capacité totale de 30 MW dans les villes de Maroua, Guider et Kousseri », rappelle le ministre Eloundou Essomba au DG d’Eneo.

Selon une source proche du dossier, l’exploitation desdites centrales devait être effective dès le mois de mars 2021. C’est-à-dire à peu près au même moment que la mise en service effective des 20 MW de thermique de la centrale d’Ahala, transférés à Garoua et Ngaoundéré, avec des coûts de carburant intenables (3 milliards de FCFA supplémentaires chaque mois).

Mais, en raison des contingences notamment techniques, Eneo projette plutôt l’installation de ces centrales solaires mobiles avant la fin de l’année 2021. « Les ingénieurs d’Eneo étudient dans l’urgence la faisabilité technique de ces installations, afin d’injecter l’énergie la plus fiable et durable possible », fait savoir la compagnie d’électricité.

« C’est un projet intéressant. Mais, nous sommes obligés d’être prudents pour deux raisons. D’abord, c’est une technique nouvelle au Cameroun. Et l’énergie solaire est un peu particulière. Même si au Nord il y a beaucoup de soleil, le solaire est par définition une énergie variable. Il faut qu’on se rassure que la quantité d’énergie qui sera injectée à partir de ces centrales modulaires sera stable, comme l’exigent les clients aussi bien industriels que résidentiels. Il y a donc des aspects techniques qu’il faut vérifier. Ensuite, face à cette offre spontanée, nous sommes tout de même tenus de faire des consultations, pour nous assurer qu’il n’y a pas d’offres alternatives », souffle une source à Eneo très au fait du dossier.

En tout cas, selon nos sources, le DG d’Eneo avait jusqu’au 24 avril 2021 pour indiquer au ministre de l’Eau et de l’Énergie, la suite réservée à ce projet, dans lequel le gouvernement semble désormais voir une panacée pour résoudre, sur le court et le moyen terme, le déficit énergétique dans les régions septentrionales du Cameroun.

En effet, souligne le ministre Eloundou Essomba dans sa correspondance du 16 avril 2021 au DG d’Eneo, la location de ces centrales solaires modulaires et mobiles (le coût n’est pas révélé), pour une période de 4 ans (2021-2024), comme le prévoit le gouvernement, devrait réduire les délestages actuels dans la partie septentrionale du pays de 98%, et baisser de 5 milliards de FCFA sur les neuf premiers mois d’exploitation, le coût des combustibles utilisés pour faire tourner les centrales thermiques dans cette partie du Cameroun.

Pour rappel, un autre projet de 35 MW d’énergie solaire dans les trois régions septentrionales, complètement mature et plus pérenne, dort dans les tiroirs de l’administration publique depuis bientôt 4 ans. « Eneo a déjà fait savoir tant au gouvernement qu’aux partenaires concernés (par ce projet, NDLR), l’importance de voir les discussions (…) être bouclées rapidement par l’octroi des divers titres de licences et autres accords contractuels restants à conclure entre l’État, les partenaires et les bailleurs de fonds», a confie la direction générale d’Eneo.

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